Après Isabelle Nanty chez Ignatus, Marina Hands en duo avec Animal triste, c'est au tour de Laure Calamy de participer à un album d'un groupe français de qualité.
En effet, Hyperrêve, mené par Samuel Lequette sort ce 27 février 2026 Nous voyagerons dans la nuit. 8 titres, 27 minutes de grâce pure.
Que ce soit dans les textes, beaux et poétiques ou dans les mélodies qui les portent, rondes, subtiles et aux arrangements magistralement minimalistes ou encore par la réalisation d’orfèvre confiée aux mains expertes de Bill Pritchard (qui officie également sur l’album comme musicien et chanteur - "Qui fait partie de nos réseaux", "Bleu") et Scott Ralph, ce nouvel album de Hyperrêve pose encore la barre de la chanson française de qualité au plus haut.
Le parti pris "acoustique" de l’album donne l’impression que Samuel, Laure ou Bill (oui, je les appelle par leurs prénoms tant on a envie d’être leur ami, de se poser dans un canapé confortable et de les écouter jouer rien que pour nous) nous susurrent dans l’oreille. C’est superbe et c’est ce que devrait être la musique trop souvent compressée et bidouillée pour faire du bruit sans jamais plus vouloir nous faire entendre le glissement des doigts sur les cordes des guitares.
Le chant de Samuel Lequette, comme on le disait lors du précédent album Un seul matin doux rappelle beaucoup Frédéric Lo (pas de mystère, monsieur Lo a aussi travaillé avec Bill Pritchard). Laure Calamy, loin de jouer le rôle de prête-nom à la mode, nous offre deux beaux titres en duo, "Il n’y a pas de paradis" et "Au fond du coeur" qui ferme joliment ce disque beaucoup trop court.
Les textes sont d’ailleurs magnifiques, pudiques et poétiques, preuve encore que l’on peut faire une pop élégante dont les Anglais ont le secret avec des textes en français, si on se donne la peine de faire sonner les mots entre eux.
Nous voyagerons dans la nuit (un titre dont je ne peux m’empêcher de rapprocher du Bonne chance pour la suite de Mokaiesh sorti concomitamment) est un chef d’oeuvre, un album élégant, chaleureux, doux et réconfortant avec ce petit quelque chose de mélancolique qui nous caresse dans le sens du poil (qui ne manquera pas de se dresser sur nos bras à son écoute).
Le précédent était déjà dans mon top album 2025, il semble évident que celui-là sera dans mon top 2026.
Magnifique.
