"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" Antoine Lavoisier

Avec Pierre de Bethmann, c’est presque autant de projets que d’idées, et des idées il n’en manque pas. Le pianiste est un peu comme une hydre du jazz, il garderait une jeunesse potentiellement éternelle en renouvelant sans cesse toutes ses cellules, ses univers, ses formules.

On pensait la série des essais terminée avec le volume 4 et le coffret réunissant les différents volumes mais la sortie en 2023 du cinquième avec le merveilleux guitariste Nelson Veras à la place du batteur Tony Rabeson mais toujours avec le contrebassiste Sylvain Romano marquait une renaissance au moins aux niveaux du choix des couleurs que dans l’idée esthétique pure.

Ce Volume 6 étant issu des mêmes séances d’enregistrement, il en est donc la continuité. On y retrouvera la même finesse et subtilité, ce parfait équilibre des forces en présence, continuant de modeler la formule du trio.

Et puis il y a cette façon de se réapproprier les thèmes ici : "Snake Hip Waltz" d’Andrew Hill, "Amparo" d’Antonio Carlos Jobim, "Résignation" d’Alain Jean-Marie, "Stella By Starlight" de Victor Young, "Pensativa" de Clare Fischer, "Semblence" de Keith Jarrett, "Marcie" de Joni Mitchell, et "Along Came Betty" de Benny Golson qui sont autant de possibilité d’investir d’autres terrains. Métriques, jeux de timbres, improvisation… tout cela fait avec virtuosité et fluidité, dans une sorte d’effet miroir, où chaque morceau devient un laboratoire, sans perdre une once de musique ni l’esprit originel.