Après avoir vécu la folie de Groumpf en concert - je t’invite d’ailleurs à lire mon compte-rendu, qui devrait te donner envie d’y aller -, j’ai eu le plaisir d’échanger avec trois des quatre membres de Groumpf : Sylvain le chanteur, Quentin le batteur et choriste et Jules, percussions, synthé, chant et choeurs.
Ils ont sorti en février de l’année dernière The Beauty, The Love, The Flawoz, album de 12 titres qui t'entraînent dans un univers festif, pop, disco, rock. Inclassable et tu sais combien j’adore les groupes qui ne portent aucune étiquette !
J’avais hâte d’en savoir plus sur ce quatuor et c’est chose faite. Vous allez vite le lire, mais ces trois-là ne sont qu’humour et intelligence. Un très bon moment que je te laisse découvrir.
Comment allez-vous après cette journée de répétition ?
Quentin : On s'est dit qu’on répéterait demain aux balances. Parce qu'on avait des trucs à faire. Mais on a chargé le camion, on est quand même dans notre local de répète qui est tout vide, là.
La première question que je voulais vous poser qui va vous paraître d'une banalité affligeante, mais est-ce que vous pouvez vous présenter ? Parce que je ne suis pas certain que tout le monde connaisse Groumpf. Et est-ce qu'on prononce bien Groumpf ?
Sylvain : Groumpf, c'est un groupe qui est assez récent, qui a 4-5 ans, et qui est une rencontre de personnes. Depuis que l'on s'est rencontrés, on s'aime beaucoup, beaucoup. On fait de la musique qui nous plaît et qui donne envie de faire la fête, je crois et d'être bien. Je ne sais pas si la musique est conviviale, mais nous, on est conviviaux. On aime bien fédérer, faire des rassemblements autour de notre musique et du coup, autour de gens que l'on rencontre, d'associations qui nous invitent à faire des concerts.
C'est un peu l'essence de Groumpf : faire la fête avec les gens, de lâcher prise, de faire péter un peu les barrières sociales s’il y en a pour certains, et de juste passer des bons moments ensemble qui permettent de créer du lien et de créer un monde un peu cool.
Et c'est pour ça qu'il y a le vestiaire au départ quand on arrive, pour que chacun puisse rentrer un peu dans cet univers ? (NDLR : lors des concerts de Groumpf, tu peux emprunter des vêtements bigarrés)
Sylvain : Ça participe vraiment, c'est l'idée. C’est un peu tombé par hasard, mais on s' est vite sapé de façon un peu comment dire…
Quentin : Rocambolesque ! (Rires)
Sylvain : C'est beau ! Parce qu'on s'est rendu compte que l'habit ne fait pas le moine, mais l'habit fait un peu le moine quand même, c'est-à-dire que selon ce que tu portes, tu vas te comporter exactement pareil. Le fait d'être dans des habits complètement rocambolesques, d'un coup, dans ton état d'esprit, tu te dis que tu peux tout te permettre aussi.
Quentin : Ça crée quelque chose avec les gens aussi.
Sylvain : C'est ça.
Quentin : Parce que ça nous est un peu tombé dessus. On était en résidence, justement, on commençait à travailler le live. Ça faisait peut-être un an qu'on jouait ensemble, qu'on écrivait des titres, et c'était la fin du Covid.
On commençait à bosser, justement, les morceaux que l'on avait écrits pendant cette période-là et on commençait à les préparer pour le live. On a débarqué dans une friperie, alors qu'on était en résidence à Gap, dans une salle pour préparer ça. On a pris les fringues au pif qui nous plaisaient. Et il s'est passé quelque chose, déjà entre nous, mais aussi après, quand on se baladait dans la rue (Rires). Au début, dès que l'on se retrouvait tous les quatre, on se sapait comme ça. Quand on se baladait dans les rues d'une ville, les gens venaient nous voir et nous parler : "Vous êtes qui ? Vous faites quoi ?". Tout de suite, il se passait quelque chose, même avec les gens autour.
Sylvain : C'est ça, le rocambolesque est communicatif.
Oui, j'ai vu ça en concert.
Sylvain : Ça crée du lien et cela nous a beaucoup plu ce rapport-là. Après, on parle juste de l'état d'esprit. Musicalement, on a des exigences. Je crois que l'on essaie de faire de la musique de qualité. Ce n'est pas juste la fête à la saucisse. Et puis on va piocher dans plein d'influences qui nous ont nourris au cours des années. Ça part des années 90. Ça ratisse très large.
Jules : Il y a même Pink Floyd (NDLR : avec l’accent du sud) (Rires)
Sylvain : Il y a Pink Floyd. C'est pop, c'est électro, c'est rock. Il y a quand même un esprit. En tout cas, sur scène c'est très rock, je crois, On a beaucoup d'influences et on ne se met pas de barrières sur ce qu'on écrit et sur ce qu'on a envie de jouer, ça fait partie du même état d’esprit. C'est juste de ne pas se mettre de barrières et de pouvoir s'autoriser un peu tout et de faire cohabiter les choses ensemble, même si parfois, on peut se dire que peut-être pas. Mais si en fait !
Sur la tenue, ce que tu disais tout à l'heure en disant que vous aviez des vêtements rocambolesques et la musique n'a rien à voir. J'ai envoyé votre vidéo à une copine qui va à beaucoup de concerts. Elle me dit que dans l'esprit visuel, ça fait un peu penser à Marcel et son orchestre, avec ce côté des tenues de toutes les couleurs. Cela rebondit avec ce qu'ils n'arrêtent pas de répéter : ce n'est pas parce qu'on est habillé comme des clowns que notre musique, c'est une musique de clowns.
Quentin : C'est vrai que c'est complètement notre état d'esprit sur la manière d'envisager le travail autour de la musique. Pour pouvoir lâcher prise sur scène et que ce soit la fête, il faut que tout le reste, que ce soit le côté musical ou le côté technique, soit ultra carré, ultra tenu, ultra pro. Là tu peux te permettre de sauter dans tous les sens, que ce soit la teuf, parce que le reste est maîtrisé et a été travaillé en amont. Alors que si c'est le bordel du début à la fin et que tu ne sais pas où tu vas, le lâcher prise, c'est un peu plus difficile.
Et vous, vous rajoutez en plus de la difficulté parce que vous échangez vos postes. Vous changez de batteur en cours de route, j'imagine que ça rajoute peut-être de la complexité.
Jules : Oui, ça rajoute de la complexité, mais ça rajoute du plaisir aussi. Du coup, ce n'est pas un problème.
J'ai remarqué qu'il n'y en avait que trois qui passaient au chant, et pas le quatrième. C'est parce qu'il chante si faux que ça ou c'est parce que vous ne pouvez pas le blairer que vous l'avez mis de côté ?
Quentin : C’est moi. (Rires)
Jules : Tout le monde chante faux dans le groupe. Mais ce n’est pas grave par contre.
Sylvain : Dans l'album qu'on a fini d'écrire et qui est enregistré, il y a un morceau que tu chantes.
Quentin : Oui. En fait, il y avait la volonté sur l'album, notre deuxième album, qu'on est en train de préparer, qu'on ait tous des morceaux, parce que normalement, c'est plutôt Sylvain qui est le lead. Mais déjà, sur le premier album, on avait installé le fait qu'il y ait Nico, le batteur, avec son énergie débordante, qui prenne le lead sur un morceau.
Et vu que ça nous avait vraiment bien parlé et que ça marchait hyper bien, on a eu envie, sur ce deuxième album qu'on ait tous des moments de lead sur des morceaux. Actuellement, on a intégré quatre nouveaux morceaux de l'album dans le set. Ce sont des morceaux où il y a Jules qui prend un lead et où Nico reprend un lead. Et le morceau où moi je suis en lead, il n'est pas intégré au set pour l' instant. Je ne sais pas s'il le sera à l'avenir ou pas.
Mais sur l'album, les quatre vont chanter.
En choeur : Oui !
Sylvain : De toute manière, on chante tous les quatre quoi qu'il en soit. Il n'y a pas les quatre qui prennent le lead. En revanche, les chœurs dans ce qu'on propose comme musique, sont vachement importants. Quand on envoie nos quatre voix, ce n'est pas pareil que si j'étais tout seul à chanter. Du coup, on chante tous. On n'est pas tous lead pour l’instant.
Quentin : Ceci dit, je chante quand même relativement faux (rires).
Ça ne peut pas être pire que moi, donc je suis tranquille. On va imaginer que pendant cinq minutes, vous avez une baguette magique. Et grâce à cette baguette magique, vous pouvez aller en studio ou sur scène avec l'artiste de votre choix, celui avec qui vous rêveriez de jouer, vivant, mort, peu importe.
Jules : Pink Floyd (NDLR : toujours avec l’accent du sud) (rires).
Quentin : Moi, je crois que ce serait Damon Albarn. Pour le côté touche-à-tout, j'aimerais trop le voir faire dans son studio, mettre ses petites voix, faire de la guitare, du synthé.
Jules : Pour préciser ta question, c'est pour assister au truc ou c'est pour participer avec la personne ?
Ça peut être les deux.
Sylvain : Moi, baguette magique, je me transforme en Kurt Cobain direct. Et puis je vais jouer dans Nirvana.
Jules : Baguette magique, c'est plus la Mano Negra des belles époques. Encore plus de percus, de chants et de punkery bienveillante.
Et ces artistes-là, ce sont vos influences entre autres, parce que j'ai compris qu'il y avait Pink Floyd (rires).
Jules : Non, ça c’est une vanne.
Quentin : On a tous écouté Pink Floyd, mais quand on joue devant des publics un peu âgés, il y a tout le temps au moins une personne qui vient nous dire "ça me fait penser à Pink Floyd".
Jules : En fait, c'est la référence qu'on nous a le plus sortie à la fin des concerts. Pink Floyd est ressorti un nombre de fois improbable par rapport à comment on y pensait quand est venu Groumpf. Pour autant, c'est devenu un petit peu un running gag entre nous, Pink Floyd c'est important de le dire avec l’accent.
Je me demandais comment vous faisiez pour composer. Est-ce qu'il y en a un qui amène tout ? Est- ce que chacun amène un petit truc ? Comment vous faites ?
Quentin : Il y a un peu deux manières qui cohabitent. En fait, on a commencé avant le Covid vraiment comme un groupe. On habitait tous les quatre sur Lyon où on se retrouvait notamment dans ce local-là. Et on jouait ensemble pendant des heures et des heures et on construisait les morceaux comme ça au début.
Le Covid est passé par là. Et on s'est retrouvés chacun chez soi. Et on s'est mis à écrire chacun de notre côté et à s'envoyer des petits trucs. Et depuis, c'est un peu devenu le mode dominant de composition. On boeuf encore un peu de temps en temps. Mais ça aboutit quand même de moins en moins à des morceaux.
Tout l'album en préparation, ce ne sont que des morceaux qu'on a tous les quatre préparés chacun dans notre coin à des stades plus ou moins avancés et parfois où on a collaboré les uns avec les autres aussi pour aboutir à l'étape finale du morceaux.
Jules : Parfois, on a pris deux morceaux et on en a fondu en seul.
Quentin : Tout le monde écrit. Et c'est collaboratif. Mais chacun écrit aussi un peu dans son coin.
Sylvain : Chacun écrit et amène des idées. Il y a plein de propositions. Il y a des choses qu'on décide de ne pas aboutir parce que soit ça ne fait pas l'unanimité, soit c'est un peu compliqué à mettre en place, soit peut-être plus tard ou ça serait bien, mais pas pour Groumpf, mais pour un autre groupe.
Mais quoi qu'il en soit, les morceaux qu'on choisit d'aboutir, après, ils passent vraiment à la moulinette Groumpf où on met tous la main à la pâte après. Il y a tout le temps quand même ce passage et c'est rare les morceaux qui arrivent et qu'on joue tel quel.
Il y a une mise en commun qui est un moment assez chouette parce que quand tu amènes un morceau et que ça passe dans les mains des copains, c'est mieux parce qu'il y a quatre cerveaux et que ça finit en Groumpf, c'est trop bien. C'est assez plaisant. C'est comme ça qu'on fait souvent, beaucoup.
D'ailleurs, je me demandais, ça vient d'où le nom du groupe Groumpf.
Sylvain : Ça sonne non ?
Ah mais oui !
Sylvain : Je crois qu' à un moment donné, on écrivait des morceaux et il n'y avait pas de parole et il fallait bien donner un titre pour qu'on sache ce que c'est. On ne l'a pas appelé Dièse 1 ou Dièse 2, on l'a appelé Groumpf. D'ailleurs, je ne sais pas ce que ce morceau est devenu.
Quentin : C’était dans un groupe d’avant !
Sylvain : Ah oui (rires) Et du coup. Je ne sais pas comment il est arrivé vraiment là.
Quentin : À un moment, on cherchait un nom de groupe. Et on s'est dit : "Ah bah tiens, ce titre-là, c'est un bon nom".
Jules : Ce qu'on aime bien dans ce mot, c'est un peu un cri qui pourrait être un peu perçu comme un rouspètement. Et c'est un vrai truc dans le dico. Groumpf, c'est une interjection et c'est un synonyme de l'expression vulgaire "et merde".
Cela exprime bien pour nous ce côté lâcher-prise de "et merde", quoi. Allez, on s'en fout. On lâche prise de tout. Même si globalement, ça a l'air quand même bien foutu, on va quand même essayer de faire la teuf et de générer de l'amour autour de nous et de partager ce truc que nous, déjà, on a la chance de vivre tous les quatre. C'est de s'aimer hyper fort et d'être trop content d'être ensemble. Donc, tant pis s'il y en a qui font la gueule. Et merde. Groumpf !
Cool. C'est une bonne manière de faire fermer la gueule aux pisse-froid qui font tout le temps la tronche.
On n'aime pas les pisse-froid !
Vous avez un look ultra coloré, vous avez une musique qui saute dans tous les sens. Il y a un moment où vous vous énervez ? Il y a des trucs qui vous foutent hors de vous et où vous diriez, on pourrait en faire une chanson ?
Quentin : Non, il y en a. Notre musique, elle n'est pas que hédoniste non plus. Ce n'est pas dans les textes, que des appels au lâcher-prise, à la fête. Il y a aussi une autre dimension. Justement, c'est ce qu’expliquait Jules juste avant, quand il expliquait le mot Groumpf. On a bien conscience que ce monde, il va de plus en plus mal et…
Jules : Ça nous rend triste.
Quentin : Oui, ça nous rend triste. Notre manière de réagir à ça est de faire communauté, de fédérer pour faire la fête ensemble. Mais il y a quand même ce background de "le monde va mal". Il transparaît quand même dans certains textes, surtout sur l'album qui est en préparation.
Jules : Dans le premier album, il y a quand même "Give Me Some Flawoz", qui est assez politique. On insulte quand même des gens qui sont nommés et qui méritent bien encore aujourd'hui, des années plus tard, qu'on les insulte. Même s'il n' y a pas qu’eux.
Quentin : La liste n'est pas assez longue.
Jules : Ouais, voilà. Il s'inquiète un peu de choses.
Sylvain : C'est quand même déjà présent sur le premier disque.
Jules : Mais ce n'est pas l'axe principal de ce qu'on a envie d'écrire.
Quentin : C'est un peu en fond, ce n'est pas ce qui ressort au premier plan. C'est quand on creuse un peu, quand on lit les textes.
Sylvain : Et puis aussi, ce n'est surtout pas ce qui se ressort sur scène. Il y a des choses qui sont sur les albums et qu'on ne va pas jouer sur scène. Parce que ça n'a pas sa place pour l'instant.
En tout cas, on a envie de retourner des scènes, que ce soit un peu la folie. Il n'y a pas trop la place pour ces endroits un peu plus introspectifs ou de questionnements sur le monde ou sur soi. Mais ça existe quand même dans les albums. Le premier album, celui qui vient aussi, il y a des choses qui sont un peu plus posées, un peu plus sombres. Ce n'est pas vraiment le bon mot, mais…
Jules : Crépusculaire.
Sylvain : Mais c'est peut-être pas des choses qu'on va amener sur scène. On ne joue pas tout sur scène.
Quentin : Il y a la musique qu’on enregistre et qu'on produit et celle qu'on joue sur scène.
Justement, vous parlez du nouvel album. Vous avez déjà des pistes. Vous êtes en auto-production ? Comment ça se passe ?
Quentin : On est en auto-production. On l'a produit nous-mêmes avec nos petites mains et nos petites économies. On est en train de chercher un label avec qui travailler pour la licence, c'est-à-dire toute la partie promotion, etc. Parce qu'on a réussi à financer la partie artistique, vraiment liée à la musique. Mais comme le nerf de la guerre, c'est la com, là, il nous faut une force de frappe que nous, on n'a pas avec nos petits moyens. Donc, on cherche de nouveaux partenaires avec qui bosser là- dessus.
Jules : Donc, si vous nous voyez, on est des gens sérieux. On a envie de travailler. Tout est là, tout est prêt.
Quentin : L'album est prêt. Il a été enregistré, il n'est pas encore mixé. Mais les morceaux ont été enregistrés au printemps.
Sylvain : Et ça sortira en 2026.
Quentin : On aimerait bien commencer à sortir des titres à partir du printemps 2026.
Si on continue à parler de l'actualité, vous parliez du nerf de la guerre, l'argent, mais c'est aussi la scène, pour vous faire connaître. Vous en avez encore beaucoup de concerts de prévus pour tout l'été ?
Quentin : Oui, on va jouer demain en Creuse. On va jouer à Saint-Etienne, aux Before de Couriot. Avec la guinguette d'été qui programme jusqu'à la fin de l'été. On y joue le 7 août. Et puis, sinon, on va jouer un peu en Drôme, en Ardèche, à Toulouse, en Bretagne, dans le Nord.
Sylvain : Oui, on a une série de dates un peu dans toute la France. On sillonne un peu la France.
Quentin : Le secteur dans la région proche, on va jouer en décembre à La Péniche à Chalon-sur-Saône. En Drôme, on joue à Oust. On joue à Die en septembre. On va jouer à Calais en octobre. On a pas mal de dates.
Vous me disiez que vous n'avez pas de label. C'est vous qui faites tout le booking ?
Sylvain : On a un tourneur. Ça ne nous empêche pas de travailler sur le booking aussi.
Jules : Alors oui, Nico qui est celui de nous quatre absent malheureusement aujourd'hui, fait beaucoup le booking jusqu'à présent quand même.
Sylvain : En lien aussi avec un tourneur qui jusqu'à présent était Ovastand, un tourneur qui est de Paris.
Quentin : Avec une attache à Lyon.
Sylvain : En fait, ce sont des histoires humaines. On avait rencontré une personne avec qui on a accroché qui était bookeuse chez eux, mais comme elle a arrêté maintenant, on a fini cette année-là. On a trouvé un nouveau tourneur.
Jules : Une nouvelle personne qu'on adore.
Quentin : Le tourneur de Marcel et son Orchestre.
Sylvain : C'est ça, c'est le tourneur de Marcel et son Orchestre qui est Terrier Productions à Lille. Avec eux, on s'est humainement trop bien entendus et on est ravis, on a hâte de travailler ensemble. On a déjà commencé à travailler, mais officiellement, ce sera à partir de 2026 qu'on sera chez eux.
J'ai la sensation qu'il y a une scène qui est assez foisonnante à Lyon. J'ai la sensation qu'il y a pas mal de groupes ou c'est moi qui rêve ?
Quentin : Non, il y a beaucoup de groupes dans plein de styles différents. Il y a quand même une scène ultra active.
Jules : Il y a beaucoup de monde et du coup, il y a beaucoup de groupes. Je trouve que ce qui est remarquable à Lyon, c'est surtout la diversité et je pense que c'est le côté grande ville.
Quentin : Il y a une grosse scène en musique du monde à Lyon.
Jules : Oui voilà et il y a beaucoup de styles très différents et d'univers très différents qui sont représentés alors que selon les régions ou les villes moins grandes que Lyon, on sent souvent qu'il y a une tendance dominante et qu'il y a une scène particulière dans telle ou telle ville et c'est vraiment intéressant aussi. C'est vrai qu'à Lyon, il y a plein de trucs très différents.
J'ai souvent une question que les gens détestent mais je vais vous la poser quand même (NDLR et puis elle est pas de moi, alors hein !). Après la baguette magique on va imaginer que votre meilleur ami va s'en aller et vous devez lui offrir un objet artistique pour qu'à chaque fois qu'il ou elle l'écoutera, le lira, le verra, peu importe immédiatement ça lui rappelle votre amitié. Qu'est- ce que vous offririez ?
Sylvain : C'est dur ta question !
Jules : Lequel de mes meilleurs potes en fait ? C'est un cadeau différent par pote.
Sylvain : Parce ça va dépendre de ce que j'ai vécu avec telle ou telle personne.
Quentin : Oui de ses goûts.
Sylvain : Autant ça va être un caillou, autant ça va être une musique ou un dessin. Ça peut être mille choses. Je crois que ce qui est important, c'est surtout ce qu'on a vécu ensemble et ce qui va faire sens. Donc comme ça…
Jules : Moi je crois que je lui offre la baguette magique du début ! (Rires)
Ah ouais bien, super. Alors si j'arrive à la trouver, j'en fais des reproductions et je les distribue. On arrive à la fin de l'interview. Vous avez une tribune, vous avez le droit de dire ce que vous voulez. Profitez- en !
Le groupe échange un regard complice et balance : Zobey. (Rires)
Jules : C'est bien. C'est le mot de la fin.
Sylvain : On peut dire au moins Zobey.
Jules : Parce que Zobey, c'est une espèce de synonyme de Groumpf qu'on a inventé nous. Qui consiste à mettre un Z devant le verbe obéir et du coup ça fait Zobey et c'est quand même vachement mieux qu'obéir. Et voilà, ça nous représente bien aussi.
Je n'ai pas vu passer une casquette ou un t-shirt comme ça sur scène ?
Quentin : Vu qu'il y a une marque de fringues Obey, on a trouvé ça très drôle de la détourner dans ce sens- là.
Sylvain : Oui, sur scène on a des bonnets Zobey, des casquettes Zobey, on a écrit Zobey sur à peu près tous nos instruments. (Rires)
Quentin : C'est un peu le deuxième cri de ralliement avec Groumpf !
Donc si jamais vous montez un groupe parallèle, il s' appellera Zobey ?
Quentin : Non, il s' appellera PLS.
Jules : En fait, on aura deux groupes parallèles. Un PLS et un pare-choc.
Quentin : C'est pour faire tout ce qui ne rentre pas dans le cahier des charges Groumpf. Il y a plein de morceaux qui ont été laissés mais on a déjà les groupes qui sont en dormance pour jouer ces morceaux- là.
Sylvain : Tous les morceaux orphelins vont trouver leur groupe.
Je sais que Jules tu joues dans 111, mais est-ce que les autres jouent dans d'autres groupes ou tu es le seul à avoir pris ton indépendance ?
Jules : On fait tous nos trucs à côté, mais je suis le seul à être dans deux groupes en développement sur scène, beaucoup. Mes copains, ils ont d'autres stratégies.
Quentin : Le dernier groupe en développement dans lequel je jouais, c'était Trumpets of Consciousness sur Lyon. Un groupe de pop un peu vintage.
Jules : C'est super cool.
Quentin : Mais voilà, je me suis dégagé du temps pour développer Groumpf.
Je vous remercie parce que vous avez bloqué du temps pour nous et ça fait super plaisir.
C'est un plaisir, merci à toi.
En tout cas, bonne soirée, bon concert demain en Creuse.
C'est ça ! Il y a quatre heures et demie de route, il faut les faire quand même.
