Drame de Christopher Marlowe, mise en scène de Victor Gauthier-Martin, avec Alban Aumard, Clémence Barbier, Philippe Demarle, Anne-Shlomit Deonna, Pascale Oudot, Thibaud Saâdi, Frank Semelet et Dayan Koroli.
Faust est un homme brillant reconnu. Après avoir étudié la logique, utile et séduisante, il s'est tourné vers la médecine jusqu'à en éprouver ses limites : elle ne ressuscite pas les morts. Le droit ne l'abuse pas et il s'en détourne rapidement.
Théologien, il finit par constater que l'être humain est voué au pêché. Il arrive ainsi à une impasse théorique qui l'obsède et dont il s'échappera en s'intéressant à la nécromancie. La suite de l'histoire est connue : il passe un pacte avec Lucifer. Ivre de sa propre puissance, Faust rencontre ensuite les personnifications des sept pêchés capitaux et disparaît sans laisser de traces, laissant ses proches s'interroger sur son éventuelle damnation.
La mise en scène de Victor Gauthier-Martin évoque un Faust issu de l'univers d'un David Bowie. Rock, crasseuse et classieuse, elle évolue entre plusieurs univers, entre gothique et glamour, elle fait surgir un univers sombre et déluré. Le travail de Victor Gauthier-Martin donne à voir un spectacle complet et le théâtre convoque d'autres arts. En fond de scène, un musicien accompagne ainsi l'action d'une musique entre rock et trip hop.
La rencontre entre Faust et les sept pêchés capitaux est une scène chantée et dansée, comédie musicale décadente, ondulante, drôle et violente, voluptueuse et un brin angoissante. La vidéo est omniprésente : deux écrans encadrent la scène. Ils démultiplient le point de vue de la salle en diffusant des images qu'un acteur filme, nous permettant de voir la scène sous un angle inattendu et apportent tantôt une touche d'onirisme en montrant des images de synthèse, travail d'un VJ sophistiqué (Gaëtan Besnard). Les images sont souvent troublantes et presque toujours intéressantes même si quelques passages, hésitants, gagneraient à être retravaillés.
Cette vision de Faust procède par allusions et suppose un certain travail de reconstitution de la trame narrative par le spectateur. Indéniablement exigeante, elle triomphe dans un certain éclectisme.
