Pièce de Jean-Marie CHEVRET, mise en scène de Jean-Pierre DRAVEL et Olivier MACE, avec Fiona GELIN, Chantal LADESOU, Sonia DUBOIS, Olivier BERNARD et Aurélien WIIK

Sujet à la mode s’il en est : le célibat des plus de 30 ans. Reportages télévisés, articles de presse, concepts de soirées plus ou moins ludiques (seven to one, speed dating…) fleurissent chaque jour pour essayer d’analyser ce phénomène de société.

C’est le thème qu’a décidé de traiter Jean-Marie Chevret dans sa dernière pièce qui se joue actuellement au Théâtre Rive Gauche (6 rue de la Gaité, 75014 PARIS, métro Edgar Quinet, Montparnasse, Gaité) jusqu’au 31 juillet. L’auteur est friand de ce type de sujet qui colle à l’actualité et lui permet d’écrire sketches (pour Les Vamps notamment), parodies et pièces de théâtre comme sa précédente pièce « Le Squat » créée également au théâtre Rive Gauche avant d’être reprise au théâtre de la Madeleine puis en tournée.

Dans un appartement cossu, l’auteur va réunir trois copines d’enfance qui, à quarante ans, dressent un constat affligeant sur leurs itinéraires sentimentaux et décident de mettre fin à leur solitude (désespoir ?) en partageant leur vie et en revisitant, au passage leurs souvenirs de jeunesse. Malheureusement ce pseudo équilibre va vite être mis à mal avec la venue d’un jeune homme au physique avantageux qui va devenir l’objet d’une rude compétition entre elles ; leurs bonnes résolutions de vivre dorénavant sans aucune présence masculine n’ayant tenu que l’instant de le dire…

L’auteur croque des personnages attachants, mais pétris de clichés en tous genre. La « bourgeoise » sans emploi, délaissée par son mari au profit d’une minette de 20 ans, l’executive woman qui mène sa vie professionnelle tambour battant mais s’avère incapable de gérer sa vie personnelle et enfin la post-soixantuitarde qui a brûlé sa jeunesse comme animatrice dans un club de vacances et se retrouve à quarante ans, seule, avec, certes une collection d’amants, mais de passage seulement, et un savoir faire en macramé des plus inutiles. Ces trois femmes sont entourées de deux bellâtres, le voisin, homosexuel déluré et le provincial gauche, mal attifé qui ne comprend rien à la vie mais va apprendre beaucoup de son séjour parisien.

Les comédiens qui servent cette histoire sont principalement des rescapés de la télévision. Sonia Dubois, journaliste de presse féminine, animatrice d’émission de divertissement et auteur d’un guide diététique, campe le personnage de la bourgeoise désespérée. Elle se sort très bien de son premier rôle sur les planches et n’est pas plus que cela déstabilisée par les quelques hésitations qui parsèment son jeu et ajoutent ainsi au comique de situation.

Chantal Ladesou, quant à elle, élève de feue « La Classe » émission phare de France 3 dans les années 90 (sic), excelle dans le rôle de la baba-cool qui ne s’est pas vu vieillir. C’est une actrice désopilante, au fort pouvoir comique qui entre mimiques, effets de voix et effets de manches est de loin le personnage le plus drôle de cette pièce. Je serais d’ailleurs personnellement très curieuse de la voir dans un autre registre.

La femme active quant à elle, est jouée par Fiona Gélin, plus rescapée de la vie que de la télévision, auteur d’un livre « Retour d’errance » qui traite entre autres de ses excès et séjours en hôpitaux psychiatriques, est également très crédible et très efficace dans un jeu tout en retenue. C’est avec joie que l’on retrouve cette actrice qui après avoir beaucoup tourné dans les années 80 dans des films qui mettaient plus sa plastique en valeur que son jeu, revient depuis quelques années sur les planches, entre deux rallyes automobiles. Son charme agit toujours et son jeu tout en retenue correspond tout à fait au personnage.

Les deux rôles masculins sont joués par Aurélien Wiik, au physique de jeune premier, très (trop ?) crédible dans le rôle de l’homosexuel que l’on a pu voir au cinéma dans « La Bande du drugstore », « Chaos » ou encore « Belle Maman » et dans quelques rôles de séries télévisées, qui avec ce rôle comique change de registre et gagne en épaisseur et par Olivier Benard, ancien danseur que l’on a pu apercevoir dans un rôle récurrent de la série télévisée « Sous le Soleil » mais qui manque à mon goût de maturité dans le jeu.

Sujet bateau donc s’il en est, servi par de bons comédiens mais surtout par des dialogues efficaces, truffés de bons mots qui fusent et donnent à la pièce un rythme soutenu. Toutefois, avec une mise en scène soignée et des décors sobres mais fonctionnels, l’auteur, sous prétexte de faire rire le spectateur, va faire appel à de vieux poncifs qui, certes font rire mais malheureusement ne vont pas tenir la distance. A mi-parcours, les longueurs s’installent, l’auditoire se lasse malgré la bonne dynamique de groupe qui s’installe entre les comédiens. En fait, la fin est trop prévisible…

Reste cependant une bonne impression d’ensemble dans un lieu agréable et climatisé !