Drame de Friedrich von Schiller, mise en scène de Hans-Peter Cloos, avec Anthony Audoux, Flore Babled, Louiza Bentoumi, Claire Chastel, Maxime Dambrin, Marie Kauffmann, Manon Kneusé, Yannik Landrein, Martin Loizillon, Julien Oliveri, Marc Plas, Camille Rutherford, Mathurin Voltz et Benjamin Wangermée.

Pour les représentations publiques de l'atelier d'interprétation de 3ème année du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique dirigé par Hans Peter Cloos, le choix s'est porté cette année sur un auteur du 18 ème siècle allemand : Friedrich von Schiller et sa pièce "Cabale et Amour".

Le sujet et l'intrigue sont assez classiques : un jeune homme de haute condition s'éprend d'une jeune femme modeste. Malgré leur volonté de défier l'autorité et de faire triompher l'amour sur le reste, ils sont pris tous deux dans des rouages d'intrigues et de pouvoir qui les dépassent et les conduisent à leur perte.

Pour faire cohabiter cette pièce, d'un certain âge, avec la fraicheur et la jeunesse des comédiens sur scène, Hans Peter Cloos a imaginé une mise en scène très épurée et moderne avec de nombreuses adjonctions de textes extraits d'"American Psycho" de Bret Easton Ellis et des projections en fond de scène de films d'époques et de styles différents qui créent une atmosphère tout à fait particulière.

Le plateau, blanc est quasiment vide, hormis des grandes étagères emplies de bouteilles auxquels les personnages s'abreuvent tous sans mesure tout au long du spectacle. Les comédiens se filment entre eux, et projettent le tout sur des grands panneaux latéraux, apportant au spectateur un point de vue scénique supplémentaire et intéressant.

Les rôles principaux de Ferdinand et Louise sont interprétés à tour de rôle par trois comédiens différents. Cette brillante trouvaille, en plus de l'exercice de style dans le cadre de l'atelier d'interprétation, permet de dévoiler naturellement trois aspects très variés de la personnalité des personnages. La pièce gagne ainsi en richesse psychologique.

Le jeu des comédiens, moins exubérant et plus canalisé que leurs comparses de l'atelier dirigé par Fanny Santer (jouant en parallèle dans la salle Louis-Jouvet "Ce formidable bordel !" de Eugène Ionesco) se veut plus subtile. Il est aussi plus inégal en fonction des comédiens et des rôles qui leur sont attribués (puisque ceux ci changent tout au long du spectacle).

Martin Loizillon en Ferdinand, Flore Babled en Louise, Mathuron Voltz en Le ver et Benjamin Wangermée dans le rôle du maréchal proposent cependant une prestation qui se détache des autres. La voix de Marie Kauffmann dans les lectures d'"American Psycho" est tout simplement troublante et envoutante.

Comme pour "Ce formidable bordel !" le format un peu longuet de la pièce, qui certes, permet à chacun de s'exprimer, frise parfois l'ennui.