François-Guillaume Lorrain est journaliste au Point. Il profite donc de ses RTT pour prolonger l’exercice et écrire des bouquins. D’autres font du golf ou du ski, lui préfère les crayons et le papier. Je ne lis pas le Point, mais j’ai jeté un œil dans son dernier roman : L’homme de Lyon.
L’accroche est accrocheuse à souhait : "C’est là que tout a commencé et que tout a fini". Qu’est-ce qui a commencé ? Qu’est-ce qui a fini ? On dirait le point de départ d’une quête, d’un roman d’aventure digne d’un type avec un chapeau de cow-boy et un lasso. J’ai laissé mon imagination divaguer trop longtemps avant de commencer la lecture, le livre a simplement trainé trop longtemps sur le canapé avant que je daigne en ouvrir les premières pages. Résultat : déception.
L’histoire commence un jour, le jour d’un des anniversaires du narrateur. Depuis la mort de son père, sa mère lui fait parvenir tous les ans un cadeau préparé ante-mortem par le défunt paternel. Ce jour là, il s’agit d’une boîte remplie de quelques photos et de lettres issues du passé de son père. Les règles du jeu préconisent un ordre de lecture, un ordre d’observation des photos, ce que le narrateur suit scrupuleusement.
Il ne sait pas où il doit aller, il suit donc les indications d’anciennes adresses, retrouve des vieux amis du papa-décédé, discute du bon vieux temps, déterre le passé de son père pendant la deuxième guerre mondiale. En parcours pointillé, il découvre l’existence d’une tante disparue, toujours introuvable, dont son père ne lui a jamais parlé.
Le narrateur cherche, fouine, discute, le lecteur ne sait pas vraiment ce qu’il recherche, lui non plus. A la fin, il le trouve quand même ce fameux homme de Lyon et ce truc qui a commencé et ce truc qui a fini, une histoire tragique qui a ancré une culpabilité monstrueuse dans le cœur de ce père.
Une autre facette de la seconde Guerre mondiale, du point de vue d’une famille ordinaire, qui garde encore les stigmates du conflit dans sa descendance. Une histoire sombre, avec peu de personnages, des conversations banales, mais une histoire qui marque parce qu’elle est un autre témoignage de cette foutue guerre.
