Reporter photographe à l'Associated Press, Henri Huet, d’origine franco-vietnamienne, est né au Vietnam, a découvert sa passion et appris son métier comme photographe de l'armée pendant la guerre d’Indochine et est mort en 1971 au Laos lors de l’invasion par les troupes sud-vietnamiennes.

40 ans après, cette exposition, conçue sous le commissariat de sa nièce Hélène Gédouin et Horst Faas, qui fut le directeur des opérations photographiques d’Associated Press au Vietnam de 1962 à 1974, présente une sélection de photographies de la guerre du Vietnam dont la plupart ont paru dans les journaux du monde entier.

J’étais photographe de guerre au Vietnam

Photographe apprécié et reconnu comme exemplaire par ses pairs, ses clichés vont à l'essentiel.

Exempts de tout voyeurisme ou de signe du sensationnel et empreints d'une grande humanité, ils témoignent sans manichéisme de la réalité tragique de la guerre.

Et pourtant des "photos choc".

Comme celles du quadriptyque du soldat au visage d'enfant, un jeune médecin militaire qui regarde, hébété, l'objectif après avoir tenté en vain de réanimer un blessé.

Celle des soldats "gueules cassées" avec leurs bandages qui ont fait la une du magazine Life ou l’hélicoptère à la Platoon, immensé insecte terrifiant qui broie les herbes.

Les clichés de Henri Huet vont résolument à l'essentiel aussi bien dans les moments de combats que dans ceux d'accalmie.

L'arme qui seule surnage du fleuve, symbole de l'enlisement américain ou les visages d'enfants apparaissant dans l'entrejambe d'un militaire.

Sens de la synthèse et du tragique.

Et fort étonnement, s'en dégage une impression de beauté intemporelle et de sérénité qui pose la question de l'iconification de l'image de la guerre.