Spectacle seul en scène conçu et interprété par Jean-Michel Dhermay.
Avec "Coups de théâtre… dans les coulisses !", Jean-Michel Dhermay, homme de scène et comédien aguerri à la technique imparable, propose au public de partager sa passion du théâtre, son admiration pour les textes du répertoire, ceux écrits d’une plume ciselée qui savait sculpter et magnifier la langue française, et son amour du bel esprit, celui de figures célèbres non seulement pour leur talent mais également pour leur sens de la répartie nourri de la fréquentation quotidienne des grands auteurs.
Sous une forme atypique, celle du "théâtre de salon" qui renvoie aux soirées littéraires qui ont si bien inspiré Marcel Proust, le spectacle, loin de tout formalisme docte et guindé, s’apparente davantage à une causerie au cours de laquelle le spectateur est emporté au-delà du rideau rouge.
Tout commence par les fameux trois coups, signal solennel, aujourd’hui totalement tombé en désuétude, de l’ouverture de la représentation qui clôturaient les conversations et figeaient les spectateurs et par une ode au théâtre écrite par Sacha Guitry, auteur incarnant à merveille l’esprit français.
Dans ce florilège de textes qui puise dans tous les siècles et tous les registres dramatiques, de Molière à Claudel en passant par Musset et Guitry, et des écrits humoristiques tels ceux de Miguel Zamacoïs sur le souffleur et les instruments de musique, sont instillés anecdotes et mots d’auteurs ainsi que de comédiens, tels Pierre Fresnay ou Arletty, passés à la postérité.
De noir vêtu, écharpe rouge à la Bruand, Jean-Michel Dhermay, qui allie le charme à la prestance, l’élégance du maintien à la sureté du jeu, dispense une partition fluide et harmonieuse dans laquelle les textes s’imbriquent de manière judicieuse ponctués de quelques intermèdes composés par l'organiste Sophie Véronique Cauchefer-Choplin.
Il tourne les pages d’un album de souvenirs aux pages sépia quand il évoque des personnages disparus comme le moucheur de chandelles et le souffleur mais intemporel s’agissant du verbe, ainsi quand il interprète l'ire d'Eraste qui introduit "Les fâcheux" de Molière, scène qui n’a pas pris une ride et qui établit, comme l’écrit Jean d’Ormesson qu’il cite dans sa note d’intention, que le passé peut "être source de fraîcheur et de renouvellement".
