Seul en scène écrit par Patrick Chevalier et Ismaïl Safwan, mis en scène par Ismaïl Safwan et inetrprété par Patrick Chevalier.
La Compagnie de l'Ange d'or, basée à Schitilgheim, vient régulièrement au Théâtre du Lucernaire présenter son dernier spectacle en date.
Après deux adaptations théâtrales, pour deux personnages d'une oeuvre littéraire, "Des souris et des hommes" de l'américain John Steinbeck en 2007 et "Le vieil homme qui lisait des romans d'amour" du chilien Luis Sepulveda en 2009, voici "Les prédateurs", un seul en scène écrit par Patrick Chevalier et Ismaïl Safwan qui s'inscrit toujours dans le registre du réalisme social mais ancré cette fois dans la contemporanéité du néo-libéralisme et de la mondialisation financière.
A travers une galerie de portraits archétypaux des personnages qui ont été au coeur des grands scandales économico-financiers de ce début de siècle placé certes sous le signe religieux comme l'avait annoncé Malraux mais d'un dieu qui se nomme argent, les auteurs invitent le spectateur à ne pas céder à la tentation d'une nouvelle foi aveugle qui, citant, La Boétie, conduit à la servitude volontaire.
Au menu les surprimes, le pouvoir supra-étatique des multinationales et des banques, l'escroquerie pyramidale à la Madoff, les escamoteurs des introductions en bourse, le 100% crédit, des credos surréalistes tel " il faut licencier pour créer des emplois", la nouvelle trinité "concurrence-compététivité-profit "agitée comme un sex-toy devant des gouvernances pâmoisantes et autres manipulations des masses, la cérdulité de ces dernières étant hélas sans limite, concoctées par des requins sans état d'âme pour maintenir les pauvres dans la misère et laminer la classe moyenne en la faisant payer pour s'enrichir à bon compte.
Ils brocardent également au passage la glose de l'art conceptuel par un milliardaire qui est plus ému à la contemplation de sa collection d'oeuvres d'art et les théories d'un célèbrissime économiste caricaturé sous le nom de Milton Fricman qui applique sa théorie du "free to choose" en devenant SDF.
Dans une mise en scène efficace de Ismaïl Safwan, les personnages de ce petit vademecum du fondamentalisme financier mus par un cynisme sans aucune circonstance atténuante sont croustillement interprétés par Patrick Chevalier. Mais le rire est souvent jaune car le constat amer.
