Comédie de Fabrice Blind, Michel Delgado et Carole Fonfria, mise en scène de Michel Delgado, avec Izabelle Laporte, Fabrice Blind, Olivier Sirjohn et Marco Hellard.

La nouvelle comédie du Palais des Glaces, "temple de l'humour" - théâtre du Faubourg du Temple - vient à point nommé dans la vague du "développement durable" et du "commerce équitable".

Bruno, bellâtre tout en jambes, arrive, flanqué de sa pharmacienne de femme, Magalie, arracher à un cousin rustique, Gilbert, une signature d'héritage. Tout juste descendus d'un quatre-quatre écrabouilleur et pollueur, les deux caricatures - étiquettes de marques milanaises et de tanneurs "m'as-tu-vu-oui-t'on ?"- sont confrontées à cet homme des bois qui ramasse les vieux cartons et confectionne des bocaux d'abominations et des tisanes de sabbat.

Choc des (in)cultures : la recette fonctionne. Le rire se déchaîne. Mister et Mrs Perrichon nous délectent de leurs misères et de leurs mines déconfites de citadins piétinant dans l'engrais

Les comédiens, excellents, témoignent d'une belle santé. Fabrice Blind - co-auteur - incarne un écolo-intégriste, brave au fond, de grande humanité, avec une épaisseur à la Françis Blanche, tandis que son acolyte, Marco Hellard, géant-enfant, militant pur et dur, bovéiste et soupolait déploie un grand talent de comique; de brute émouvante.

Izabelle Laporte, dans le rôle d'une bourgeoise débordée de Boulogne-Billancourt (désespérée du Billancourt) est très convaincante, féminine, touchante, irrésistible dans ses mimiques outragées. Enfin, Olivier Sirjohn charmera les dames : personnage retors et bonne-pâte, un peu lâche, beau physique, brave type quand il en a l'occasion.

La mise en scène de Michel Delgado - autre co-auteur avec Carole Fonfria de "La vie en vert" - fonctionne au quart de tour. Le public s'amuse. Alors ?