Comédie féérique de Shakespeare, mise en scène de Carlo Boso, avec Julia Bidault Venegda, Caroline Blot, Chiara Breci, Flavio Ciancio, Etienne Guerin, Magali de Leeuw, Thilina Pietro Feminò, Loïc Fieffé, Quentin Laugier, Julie Mori, Letterio Naccari, Magali Ohlund, Zélie Poselianoff, Claire Tudela et Amira Walter Girard.

Spontanément, "Le songe d'une nuit d'été" n'est peut-être pas la première œuvre qui vient à l'esprit quand est évoquée l'oeuvre de Shakespeare.

Et pourtant, cette pièce très souvent jouée (pour les cinéphiles, elle est notamment représentée dans le film "Le cercle des poètes disparus") est une œuvre riche, pleine de lyrisme, d'allégories et toujours dominée par la force créatrice de Shakespeare à savoir l'amour, et dont on aurait ôte le dénouement tragique.

Carlo Boso, directeur de l'Académie internationale des arts du spectacle (AIDAS) s'est brillamment emparé de cette pièce, et offre une mise en scène haute en couleurs, où ses douze jeunes comédiens font cohabiter danses, chants et performances scéniques.

Dans une foret imaginaire peuplée d'êtres féériques, trois intrigues se mêlent : les préparatifs de mariage du duc d'Athènes avec Hyppolyta, un quiproquos amoureux entre Hermia amoureuse de Lysandre et qui refuse d'épouser Demetrius, ce dernier étant aimé d'Helena et enfin les tribulations d'une troupe de comédiens, aux talents très discutables, jouant les amours tragiques de Pyrame et Thisbé. Tous ces retournements sont observés avec distance et amusement par le roi des elfes, Oberon et par la reine des fées Titania.

Afin de régler le désordre amoureux, Oberon demande à Puck, un turbulent lutin, de répandre un filtre d'amour sur les paupières de Demetrius afin qu'il accepte l'amour d'Helena. Bien entendu, rien ne se passera comme prévu...

Bien plus qu'un hymne à l'amour et au lyrisme, c'est un maelström de couleur qui se joue sous nos yeux, aidé en soi par des costumes splendides créés par Agathe Helbo et Ilona Deydier et par des maquillages particulièrement réussis (celui de Thilina Pietro Femino ainsi que Chiara Breci, respectivement Oberon et Titania).

Les chorégraphies sont remarquablement bien huilées, et les passages d'une action à une autre s'enchaînent avec une grande fluidité, grâce au talent des comédiens. Trônant sur scène, une immense structure en bois évoquant tour à tour royaume des bois, scène de répétitions et lieu de noces, parvient à rendre vivace les émotions de ces différentes séquences.

Et comme le rappelle le malicieux Puck (Amira Walter-Girard) : "Tout ceci n'est peut être qu'un songe". Un très beau songe