Sauvez la Terre ! La seule planète où une bande de dingues a créé le chocolat. Le seul aliment inutile qui ne rend pas soûl. On l’adore souvent, on est accro, on s’en fout, on le déteste peu, tout le monde a son avis sur le chocolat. C’est un pansement affectif incomparable. Le chocolat est Suisse ou Belge, mais José Carlos Carmona est espagnol. Et son premier roman a reçu le prix de l’université de Séville.

Dans Pour l’amour du chocolat, il part de faits réels (mais on ne saura jamais la part de vrai et de romance) et nous raconte une jolie histoire d’amour, comportant tous les ingrédients du chocolat : de l’amertume, du croquant, du fondant et une grande douceur.

Comme une conversation, le récit coule tranquillement autour d’une vie, d’une famille, de destins, de coups de foudre, de douleur. C’est Adrian Troadec, jeune livreur de lait, fou amoureux d’une talentueuse violoncelliste Alma Trapolyi. Si elle lui tombait dans les bras direct, on la prendrait pour une fille facile, et lui pour un baratineur, il rendrait jaloux, n’attirerait pas notre sympathie, et il n’y aurait pas de roman.

Mais ils ne sont pas comme ça Adrian et Alma. Adrian tente n’importe quoi pour la séduire, il s’essaie à la musique, c’est une catastrophe, mais il ne se décourage pas. Il s’entraîne aux échecs pour s’insérer dans la famille par le biais du père fan d’échecs (et du coup, pour approcher la fille). Il devient même champion de Suisse. Mais ça ne fonctionne pas.

Il essaie encore, fonde une micro-entreprise de fabrication de chocolats. Les circonstances (la guerre) la transforment en empire. Alma se rapproche enfin. MAIS (ben oui, s'il n’y avait pas de mais, le livre ne serait pas bien, parce que c’est ça qui rend une histoire attachante : des personnages pommés). Je disais donc : MAIS Alma rencontre un type différent d’Adrian, tombe amoureuse et file se marier en Amérique. Vous imaginez la suite, Adrian se plonge à cœur perdu dans son boulot, sa chocolaterie devient un empire gigantesque, il est richissime, rencontre une femme différente, douce et fragile, et se marie.

Oui mais, c’est un roman, ce n’est pas fini. Lisez-le si vous voulez savoir la fin. Je veux bien vous la raconter, mais seulement si vous me corrompez avec une boîte de chocolats (n’importe lesquels, je les aime tous… Ah non, pas ceux au dentifrice, mais il n’y en a pas beaucoup…).

José Carlos Carmona réussit à nous emmener dans son univers de poésie et de mélancolie, c’est beau, c’est triste, mais qu’est-ce que c’est beau alors, je te dis pas ! Moi je prends un ticket pour une jolie comédie romantico-dramaco. Non, je ne suis pas gaga, c’est beau, et pis c’est tout.

Et si la vie n’était qu’une partie d’échec ? La fin est déjà écrite, seuls les coups pour terminer la partie sont différents. Pour l’amour du chocolat est à la limite d’un conte philosophique à propos de la portée des choix que nous faisons. Sous couvert d’une triste romance, sur fond de krak boursier et de guerre mondiale, il y a aussi des cœurs qui frissonnent et qui pleurent, qui se battent et qui espèrent… Ah, c’est beau la vie, hein ?