Maître en son domaine !
Il faut oser revenir sur la filmographie d’un des hommes (artistes) les plus importants (et pas seulement par son poids) du 7ème ART. J’écris "Homme" parce qu’en tant qu’homme de l’art, il est aussi celui par qui l’humain se révèle dans sa juste profondeur macabre. C’est chez Hitchcock, un malin plaisir pervers à franchir le Rubicon de la bienséance…
Oser conjuguer le meurtre au même temps que le désir. Concocter quelque plat savoureux pour le seul plaisir gustatif de réussir une recette manipulatrice et de ne plus se sentir, nous public, spectateurs de notre propre vision.
C’est donc dans un esprit "jouissif" que l’on aborde cette année nouvelle en se blottissant douillettement dans les profonds fauteuils de la Cinémathèque Française, les yeux écarquillés devant les films et téléfilms (et autres émissions de télévision) du Maître ou le concernant (Voir et revoir la fabuleuse émission - Cinéastes de notre temps - qui a réuni dans une même émission, Alfred Hitchcock et John Ford).
La rétrospective est totale.
Avec sucreries à la demande et suspens en dessert, sans oublier le fameux MacGuffin cher au Maître. Un menu complet.
Alfred Hitchcock est chez lui à la Cinémathèque Française. Et il le sait.
De là où il est, il regarde avec ses yeux pétillants les préparatifs festifs de cette rétrospective en se disant , "qu’avec la nourriture terrestre, l’autre vrai plaisir est celui d’être conteur". Et il a parfaitement raison.
Même si les histoires trouvent leurs racines dans les tréfonds de la médiocrité humaine, il sait offrir à cette violence tout l’esthétisme de la Renaissance.
Hitchcock est un peintre de la condition humaine. Oh, naturellement, loin du réalisme psychologique, (encore que : voir "LifeBoad") comme pour mieux cacher dans ses artifices, nos réelles angoisses existentielles. C’est tout le confort de la peur que de se savoir ainsi protégé dans l’exorcisme nos pulsions criminelles…
Profiter de cette nouvelle année pour vous offrir une cure de "mauvaise conscience", en voilà une bonne résolution. Rien que du bon.
Et, pour l’occasion, assister, dès le vendredi 7 janvier à 18h00 dans le cadre des rendez-vous de la librairie de la cinémathèque, à une rencontre avec Tanguy Viel et la thématique abordée "Trains et maisons", le lundi 10 janvier à 19h00 à une conférence de Serge Toubiana, le 17 avec Marco Uzale sur la période anglaise du Maître du suspens. Le 24 à une conférence de Marie Anne Guérin sur les personnages féminins (beaucoup de chose à dire) et enfin entendre Jean-François Rauger sur les rapports d’Hitchcock avec la télévision...
Ne pas oublier le bouquin de Patrick McGilligan "Alfred Hitchcock : une vie d’ombres et de lumière" aux Editions Actes Sud / Institut Lumière.
Avec un début d’année comme celui-là, même pas de suspense pour la suite, tout se joue sur écran.
