Le Louvre avant d’être le musée que l’on connait a vécu dans ses couloirs, entre les portes, les salons et accessoirement les chambres, des moments de chaleurs intenses à l’époque des "Lumières", qui comme chacun le sait, ne restaient pas de bois. Le XVIIIème siècle hérite du XVIIème, l’amour Galant offrant aux "Lumières" et aux nobles libertaires quelques pistes qui écriront au court du siècle les belles pages du libertinage… Un rêve frivole, aux mœurs libres. L’invitation à la liberté des corps.
Un siècle qui semble si proche, n’est-ce pas.
Le XVIIIème siècle est le siècle rêvé. Le 7ème Art en a fait son lit.
L’Auditorium du Louvre a l’excellente idée d’ouvrir son écran à un genre cinématographique qui fait des envieux, sans en avoir le talent. Nous en connaissons tous les dérivés.
"Libertins, Libertines", en toute égalité, pour ne pas croire que seuls les hommes pouvaient prétendre à l’apanage de la cour. Un cycle qui propose dans sa programmation de suivre la pensée livresque de Jean Starobinski ("L’invention de la liberté - 1700/1789") à travers quelques thèmes qui vont des "expériences de la liberté" au "règne fictif de la femme" en passant par la "représentation et illusion", "menus plaisir" et "plaisir noirs"… Un programme, plus mon ami, un menu de fêtes. Et oui.
Régalons-nous de ces films parfois oubliés, d’autres intouchables… Des films de plaisirs et de hontes. Des films qui, comme une caméra qui explore le temps (on y revient toujours), surfe sur le XVIIIème jusqu’à la Révolution. Un programme qu’il faut découvrir parce que les films historiques se regardent aussi comme des films politiques…
Si il est un peu tard pour voir "Barry Lyndon" de Kubrick ou encore le "Casanova" de 1927 du réalisateur Ivan Mosjoukine… Tout comme l’admirable "Don Giovanni" de Joseph Losey. Mais laissons les regrets au placard et voyons que l’on nous offre jusqu’au 20 février 2011.
Un "Napoléon, Man of Destiny" de 1907 réalisé par l’anglais J.Stuart Blackton, film court qui accompagne le très beau film de Rohmer "L’Anglaise et le Duc". Voir également "Mort de Robespierre" de 1897 réalisé par les frères Lumières. Autre film "Le livre noir" d’Anthony Mann (1949).
Comme on peut le voir l’intelligence de la programmation est de lier, à chaque séance, film ancien (répertoire et muet) avec une réalisation sinon contemporaine au moins sonore comme "La Marseillaise" de Georges Mendel (1907) chanté par M. Noté de l’Opéra (?) et "La Marseillaise" du patron du cinéma français, Jean Renoir. Film de 1936 ou encore la "Mort de Marat" par les frères Lumières (1897) et le Wajda "Danton" de 1983. A cela il faut ajouter "Les Nuits Révolutionnaires" réalisées dans le cadre du bicentenaire de la Révolution française par Charles Brabant : sept épisodes d’une heures diffusés à l’époque à la télévision.
Comme on le voit, la richesse de l’intention est au rendez-vous.
Profitez-en.
