De Dimi Dero, on sait tout d'abord qu'il fût dans une vie antérieure, chroniqueur à Rock & Folk ou encore producteur émérite du Jerry Spider Gang, un de nos plus fameux groupes rock hexagonaux.

Puis, fort de posséder plusieurs cordes à son arc, il a depuis franchi le pas, jouant avec de nombreuses formations (on citera notamment les Groovers, dont le set impromptu au Nouveau Casino en 2002 reste un excellent souvenir) et publiant un enthousiasmant premier album solo, Bonjour Mr Edvard.

Nouvelle année, nouveau projet pour un Dimi ne chômant pas une seconde : le groupe, assemblé autour de lui, s'appelle Dimi Dero Inc. et leur premier méfait s'intitule Greentings From Trauma.

Tout comme son prédécesseur, pas un temps mort, pas une minute de répit n'est accordée : la puissance, ainsi que la constance impressionnent d'emblée. En à peine quelques titres, les influences majeures de Dimi Dero sont clairement identifiables : en priorité Nick Cave dans l'intégralité de la carrière, la hargne d'un Lux Interior ou d'un Iggy Pop au chant, la sauvagerie du Gun Club, un goût prononcé pour l'orientation "Raw Power" ou Johnny Thunders à la six-cordes, sans oublier cette noisy-pop chère à certains groupes new-yorkais.

Loin de s'inspirer outrageusement de ses modèles, Dimi Dero bâtit sur ces références une musique bien à lui, en anglais dans le texte, sombre, inquiétante, rappelant parfois les Von Bondies. Non content d'avoir un groupe d'une incroyable efficacité, Dimi Dero sait également s'entourer de cuivres ou de claviers (la sublime "Your Shallow Grave") mais avant tout d'une alter ego féminine de choix au chant, Tallulah X, donnant ainsi du répondant aux guitares saignantes ("Koursk").

Greetings From Trauma pourrait être un de nos classiques enregistrés à Détroit ou New-York en 1988 ou même avant. Il l'a été l'année dernière dans le sud de la France, ce qui est tout à l'honneur de son auteur, Dimi Dero.