Pour tous ceux qui ont suivi le Vendée Globe 2008, Samantha Davies fut le sourire de cette course. Ses éclats de rire, ses cris joyeux devant les déferlantes et ses grimaces ont fait souffler un vent de légèreté et de "fun" sur ce tour du monde réputé dangereux voire meurtrier.
Son livre était donc attendu avec une certaine impatience par les amoureux de la mer.
Une fille dans le vent se présente sous la forme d'un petit format d'à peine 250 pages, entrecoupées d'un livret central de huit feuillets de photographies. Sam Davies n'y entreprend pas seulement le récit de son Vendée Globe ; il s'agit d'une véritable autobiographie.
Les premiers chapitres relatent donc, comme il se doit, son enfance (aisée et protégée), son adolescence – rythmée par les séances de natation synchronisée et de cours de voile sur dériveur – et ses études supérieures qui se concluent par l'obtention d'un diplôme d'ingénieur.
Viennent ensuite les pages véritablement consacrées à sa carrière de navigatrice. Elle y évoque ses courses en équipage puis celles en solitaire, son expérience de "fille" dans un monde essentiellement masculin, ses relations avec les sponsors et son entrée dans le Pôle Excellence de la forêt de Fouesnant. Cela nous permet d'ailleurs de pénétrer dans ce haut lieu de la voile française où se côtoient et s'entrainent Michel Desjoyeaux, Vincent Riou, Roland Jourdain... La crème de nos marins français !
Enfin, le célèbre Vendée Globe nous est conté, assez brièvement finalement, par petites anecdotes. La jeune navigatrice commente beaucoup son utilisation massive et experte des nouvelles technologies de communication durant la course, certainement pour s'en justifier et répondre à ses détracteurs qui l'accusaient d'être plus souvent devant la webcam qu'à la barre...
Une fille dans le vent est un livre sympathique... mais lisse. Assez éloigné de l'image bondissante et rieuse que Samantha Davies nous avait offerte d'elle pendant les 97 jours de son périple autour du monde. Elle qui dit "carburer à l'émotion" n'a pas réussi à en imprégner ses pages. Ainsi qu'elle l'écrit, elle a eu une enfance "normale et privilégiée", n'a pas eu à "galérer" pour trouver son premier bateau ou pour dénicher un sponsor pour le Vendée Globe... Des opportunités se sont présentées et elle n'a eu qu'à tendre la main pour les saisir. Dans ces conditions, on comprend mieux sa décontraction et sa bonne humeur... mais pas forcément le manque de passion de cette autobiographie, dont la lecture ne ressemble finalement qu'à une croisière sur un long fleuve tranquille.
