Texte de Gustave Flaubert dit par Marie Martin-Guyonnet avec la complicité de Jean Pennec.
Marie Martin-Guyonnet adapte au théâtre l'histoire toute simple d'une fille de campagne, publiée en 1877 par Flaubert sous le titre "Un coeur simple".
Félicité, la bien nommée, aime tour à tour un homme, les enfants de sa maitresse, son neveu, son perroquet, le Saint-Esprit, quand elle ne prend pas l'un pour l'autre. On pourrait la prendre pour une simplette, mais le récit, conté sans ironie ni jugement, nous présente avant tout un personnage d'une grande dignité.
Simplicité, tel pourrait être le leitmotiv de cette adaptation. Simplicité de l'héroïne, des situations, de la mise en scène, des décors. Mais cette simplicité, au final, n'est qu'apparente.
De nombreuses trouvailles scéniques agrémentent le spectacle pour nous le rendre vivant et plaisant. On se rend compte très vite que le texte n'est jamais servi brut, mais toujours mis à son avantage par la comédienne. Avec seulement quelques accessoires, celle qui signe également la mise en scène, accomplit un véritable tour de force théâtral et nous retranscrit parfaitement la campagne normande du 19ème siècle, telle qu'on peut se l'imaginer.
En s'appuyant sans emphase sur le texte, la comédienne, qui incarne tour à tour les différents personnages, permet à la plume de Flaubert de s'exprimer sans entrave, rendant justice à ce qui fait la force de cette œuvre : le personnage principal en lui-même, sa simplicité, et son côté ordinaire. Le lecteur/spectateur est ainsi renvoyé à lui-même et décidera de la grandeur ou de la petitesse de l'âme de cet être humain, de la tristesse ou de la joie de son destin.
Marie Martin Guyonnet se veut donc, comme elle le dit elle-même, la "passeuse entre l'auteur et le spectateur" et préfère laisser à chacun trouver ce qu'il est venu y chercher : un petit brin de morale, une leçon de vie, l'évocation de la réalité sociale d'une époque, un conte...
Voilà un spectacle rafraichissant, d'une grande sensibilité, et non dénué de profondeur. La tendresse de Marie Martin Guyonnet pour son personnage est palpable et rend le spectacle d'autant plus attachant.
