Adaptation d'une nouvelle de Stefan Zweig adapté par Christian Fromont, mise en scène par Jean Paul Bazzico, avec Christian Morin, Céline Orsini et Christian Fromont
Cette lettre est celle d'une jeune femme éprise d'un amour vibrant
et absolu pour un écrivain séducteur et volage trop occupé
par l'écriture de sa vie, lettre qu'elle écrit à ce dernier
pour lui dire tout cet amour secret qu'il n'a pas sû voir et reconnaître
à plusieurs reprises quand leurs vies se sont croisées, cet
amour sans attente ni espoir qu'elle lui voue jusqu'au seuil de sa vie, cette
vie qu'elle ne peut plus assumer maintenant que leur enfant est mort.
Le texte original est magnifique et bien adapté mais l'interprétation
et la mise enscène sont décevantes.
Ce jour là, seule Céline Orsini est à la hauteur du texte : vibrante et illuminée, elle transfigure réellement ce sentiment si fort et si désuet aujourd'hui. En revanche, les comédiens ne sont pas dans la pièce surtout Christian Morin qui joue dans la gamme du vaudeville (mimiques appuyées en remontant sans cesse ses besicles, emberlificotades répétées dans le rideau de fond de scène..) au point que le public rie à plusieurs reprises.
Quant à la mise en scène qui se devait et se voulait minimaliste compte tenu de l'exiguité de la scène, elle est encore trop attachée aux accessoires. Pourquoi vouloir concrétiser le verre échangé sans le desservir pour la scène suivante? Pourquoi faire changer de costume l'inconnue une fois et pas deux s'il faut absolument scander le temps qui passe?
Les mots si forts de Zweig ne suffisaient-ils pas?
