Trop humain pour être vrai.

Et il regarda son frère… Mille pensées lui virent à l’esprit. Il n’en retenait qu’une, qui le taraudait depuis l’éternité "Pourquoi moi ?", l’image que le miroir renvoyait était celle de l’homme.

L’humain à la malchance d’être unique. Et cela change tout dans le monde animal.  Il est un et le reste des animaux, cousins et frères, l’ignorent au mieux, le fuient, au pire. L’homme est seul sur ses deux pattes arrières à contempler ses frères. Il ne sait pas comment les aborder malgré les batteries d’études mises en place.

L’homme est seul et aujourd’hui il sait  ce qui lui reste,  l’image de l’autre, aussi différent qu’il soit.

"Le bestiaire imaginaire", exposition que l’on peut admirer sans être un chien de faïence (elle est facile, je vous l’accorde).

Une somme "photographique" unique qui réunit, de 1850 à nos jours, plus de cent photographies sélectionnées sur lesquelles on peut s’interroger. C’est au Palais Lumière d’Evian (74500) que cela se passe.

Entre réalité scientifique, voir naturaliste et fantasme de la représentation, celle de l’animal imaginaire, féerique, mythologique. Le cliché du photographe met en scène les représentations avec naturellement ce qu’il y a de plus, sinon parlant, au moins révélateur de notre rapport à l’animal. Ce n’est pas parce que nous sommes les seules bipèdes sur cette bonne vieille planète que nos rêves, eux, ne fabriquent pas des créatures imaginaires que l’on essaie de reproduire dans la magie.

Cette  exposition apporte également un constat navrant, celui de la rareté aujourd’hui, de l’animal photographié dans son élément. La nature n’est plus, sinon vivant dans l’abstraction du virtuel que l’artiste modifie à son gré pour l’adapter à l’animal, à moins naturellement que cela soit l’animal que l’on désire adapter dans un environnement qui est notre. Rendant à l’animal des réactions trop humaines.

Deux grandes parties avec la photographie du XIXème au début du XXème avec le portraitiste André Adolphe Disdéri,  l’étude du chien de chasse revient au photographe Léon Crémière ou encore voir le travail scientifique d’Eadweard Muybridge et sa décomposition des mouvements d’animaux , le chat particulièrement, qui comme tout le monde le sait a été créé par Dieu pour que l’homme caresse le tigre.

Je vous laisse la surprise entière de cette première partie comme d’ailleurs la seconde, contemporaine dans l’art de "jouer" avec les animaux et de les mettre en scènes. Ici les trouvailles vont du merveilleux brumeux au regard de travers d’un chat mécontent. Mais celle que je préfère est celle d’un photographe basque, Mikel Uribetxeberria et son cliché d'un gorille dans une chambre d’hôtel,  il est sur le lit défait. Notre bonhomme réfléchit à la manière d’un penseur allongé. Et naturellement selon votre esprit, à vous de deviner l’état des pensées de notre primate.

Il y a comme cela des perles à découvrir…

Voir notre reflet animal dans ces photos et l’on pourrait peut-être mieux comprendre la nature humaine.

A voir encore et encore…