Après un périple italien, à Rome puis à l'île d'Elbe, l'exposition "Charlotte Bonaparte, une princesse artiste" est accueillie par le Musée National des Châteaux de Malmaison et Bois-Préau.
Elle permet d'approcher la vie et l'oeuvre graphique de la fille de Joseph Bonaparte qui ne compte pas parmi les figures les plus connues de la grande famille des Napoléonides que Napoléon a érigée en dynastie, d'autant que sa vie a été relativement courte et sans postérité.
Cela étant, elle a montré, dès son plus jeune âge, un goût affirmé pour le dessin, devenu une passion, et laissé de nombreux albums qui constituent un thésaurus non encore totalement expertisé au plan artistique mais qui s'avère particulièrement instructif quant aux goûts et tendances de la haute société de son époque.
Feuilleter l'album d'une vie
L'exposition conçue par les co-comissaires Maria Elisa Tittoni, directrice des Musei d'Arte Medievale e Moderna de Rome et Guilia Gorgone, directrice du Musée Napoleonico de Rome, relayées par Amaury Lefébure et Elisabeth Caude, directeur et conservateur au Musée National du Château de Malmaison, se présente sous forme d'un parcours chronologique rythmé par la vie peu commune et le destin atypique d'une princesse errante.
En effet, à l'exception de l'enfance passée en France à Mortefontaine, sa vie a été une longue suite d'exils et de voyages dans différente grandes métropoles européennes mais également dans le nouveau Monde.
Une vie qui s'est achevée prématurément, à 37 ans, et fort curieusement, lors d'une halte inopinée à Sarzana qui se trouve être le berceau de son illustre famille.
La monstration, qui se situe aux confins de l'exposition d'histoire, propose, par la présentation des dessins et d'objets personnels ayant appartenu à Charlotte Bonaparte, mais également des peintures et dessins d'artistes de son époque, une immersion dans l'atmosphère de la société aristocratique de cette période ainsi que dans le contexte artistique qui est celui du romantisme.
S'agissant plus précisément de la vocation artistique de Charlotte Bonaparte, qui s'entoure de professeurs, dont David, ainsi que d'artistes accomplis, elle se manifeste essentiellement par des dessins monochromatiques qui sont du niveau d'un amateur émérite.
Le plus intéressant, comme le souligne Patrizia Masini, dans son essai intitulé "Les feuilles d'un album ou les traces de la mémoire", réside dans le fait que dessiner, qui faisait partie de l'éducation accomplie des jeunes filles du grand monde, constituait,sans doute, pour Charlotte Bonaparte un moyen de résilience, notamment après la mort de son époux, pour une femme assaillie de préoccupations métaphysiques.
Ainsi écrivait-elle : "Je demanderais une vie courte, et agitée, mais qui soit de quelque utilité, ou à mon pays, ou à la bonne cause."
