Seul en scène écrit et interprété par Agathe de la Boulaye dans une mise en scène de Claude Mathieu.

Agathe de la Boulaye vous accueille dans l’univers poétique et déjanté de Bulle, une jeune fille pas comme les autres  à l’imagination débordante.

Elle a pour meilleur ami Baloo (le-gros-ours-sympa-du-livre-de-la-jungle-il-en-faut-peu-pour-être-heureux, à prononcer très vite d’une traite, nous rappelle-t-elle tout au long du spectacle) et ne comprends pas très bien la gêne des gens qui l’entourent quand elle explique qu’elle a perdu son centaure ailé.

Seule en scène, Agathe de la Boulaye interprète avec une grande expressivité et beaucoup de drôlerie toute une kyrielle de personnages hauts en couleur : de la cigogne amoureuse, en passant par les neurones en cavales, sans oublier Maryline la standardiste au QI "liposucé". Ses mimiques ne sont pas sans nous rappeler une certaine Anne Roumanoff, même si ici, on ne se situe pas dans le même registre.

Car derrière les rires, et l’exploration de situations farfelues, Agathe de la Boulaye nous parle surtout de la différence, de l’importance mais aussi de la difficulté à être et à rester soi quand on "dépasse du coloriage". Bulle ne l’a pas compris mais son message résonne aux oreilles des spectateurs bien longtemps après l’extinction des projecteurs : la différence fait peur. Elle est dangereuse, voire honteuse. On nous demande de l’amoindrir voire de l’effacer sous un ensemble de codes et pré formatages sociaux dès le plus jeune âge. Où se situe la frontière ténue entre ce que la société considère comme de la folie et l’authenticité ?

Ce décalage incessant entre rêve et réalité peut parfois troubler, mais l’incroyable vivacité de la comédienne et la très belle mise en scène de Claude Mathieu sont là pour nous emporter malgré nous dans un autre monde, en naviguant toujours entre rire et émotion.

Un très bon moment de théâtre pour les rêveurs impénitents.