Comédie dramatique écrite et mise en scène par Wajdi Mouawad, avec Jean Alibert, Gérald Gagnon, Yannick Jaulin, Linda Laplante, Catherine Larochelle, Marie-France Marcotte, Bernard Meney, Anne-Marie Olivier, Marie-Ève Perron, Emmanuel Schwartz et Guillaume Sévérac-Schmitz.
Loup a 16 ans quand sa mère, Aimée (Linda Laplante) meurt du cancer qui la ronge depuis sa grossesse. Elle avait alors choisi, contre l'avis du père, de mal le soigner pour préserver sa fille. Ce cancer du cerveau, appuyant sur un corps étranger inexplicablement présent dans son crâne, a déclenché chez Aimée des hallucinations : deux soldats de la première guerre mondiale se battant au corps à corps. Ils interviennent de plus en plus souvent.
Aimée, sentant sa mort proche, fait promettre à Loup de ne pas laisser les docteurs enquêter sur cette bizarrerie. Un paléontologue vient alors convaincre l'adolescente de le laisser analyser l'os, la faisant mentir. Elle découvre alors le poids des promesses, tenues et non tenues.
Assistée du chercheur, Loup remonte, le fil de ses origines, se perd dans le labyrinthe sanglant des générations de femmes qui l'ont précédée : d'amours impossibles en abandons d'enfants, elle reconstruit une histoire douloureuse, retrace des destins que les guerres ébranlent, abîment, anéantissent.
Marie-Ève Perron (Loup) avance avec détermination sur le fil ténu de l'adolescence. Elle sillonne ces éternités de questionnement, retranscrit les équilibres éphémères et le déséquilibre flottant, persistant, de cette période. Hésitant entre anéantissement et aspiration à la vie, entraînée par la vie mais alourdie par le fardeau des morts passées, dépositaire d'une histoire de cruauté et de noirceur, Loup doit pourtant habiter le monde. Grâce à l'amitié, elle apprend à se forger un chemin dans ces forêts d'oppression qu'elle traverse.
Wajdi Mouawad tisse un réseau insoupçonnable entre l'Histoire et les vies minuscules, questionne le courage et l'engagement. Les passés et le présent se mélangent sur scène, on s'étourdit devant les abîmes qu'il creuse ; on s'émerveille devant les pont qu'il construit pour relier Loup à Odette, à Hélène, à Léonie, à Ludivine, à Sarah, à Luce et à Aimée.
