Qu’est ce qui fait que le mythe de Batman est aussi vivace aux Etats-Unis plus de soixante ans après sa création ? Si la question mérite de faire l’objet d’un mémoire ou d’une thèse (autre sujet de mémoire intéressant : pourquoi Batman n’est-il pas un mythe en Europe ?), Batman est toujours la référence des comics US.
Personnage ambigu, aux mobiles résolument bons et aux actes parfois négatifs, tous les auteurs qui comptent ont travaillé sur Batman. Qu’ils soient plutôt mainstream (Jim Starlin avec "Year two", Frank Miller avec la fameuse série des Dark Knight, etc.) ou carrément underground (David Mazzuchelli avec "Batman : year one", Dave Mackean et bien d’autres…), ils ont presque tous développé leur vision de Batman.
C’est ce que fait aussi Mike Mignola (créateur du fameux Hellboy) avec ce Sanctuaire. Construit en deux parties indépendantes, ce recueil fait partie des grands Batman.
Si le dessin de la première partie est ahurissant et fulgurant, typique de Mignola, ce dernier ne s’approprie pas réellement le mythe de Batman : il s’agit plutôt d’un épisode de série dans lequel Mignola récite ses gammes de Hellboy.
Il en est tout autre de la deuxième moitié intitulée
"Gotham by gaslight (an alternative history
of the Batman" introduite par Robert
Bloch (incroyable non ?).
Si le dessin est moins caractéristique de Mignola (d’ailleurs,
il n’est pas interdit d’y voir un hommage à Mazzuchelli),
il atteint des niveaux de noirceurs, rarement égalés
sur Batman. Quant au scénario à la fois classique
et surprenant, bien construit, eh bien, je vous laisse découvrir…
mais vous ne serez pas déçu (je vous donne un indice
: incroyable non ?).
Voila donc un album indispensable pour les fans de comics US et pour les autres, un bon moyen de s’y mettre (puis d’embrayer sur les Miller).
