L'annonce de la saison 2010/2011 de la Cinémathèque Française, le 5 juillet dernier, dans leurs locaux, a été reçu par l'assemblée comme un mets d'exception. Le cinéma reste, dans la grande maison, sur son trente et un. Deux grandes expositions, nous y reviendrons, naturellement. Savourons déjà l'énoncé, la première du 6 octobre 2010 au 16 janvier 2011 aura pour thème "Brune/Blonde" avec on l'imagine facilement, tout ce qu'il y a en charge mythologique dans cette représentation mythologique.

Seconde exposition, incontournable, celle consacrée à Stanley Kubrick du 3 mars au 31 juillet. La Cinémathèque a vu grand, offrant deux étages à cette rétrospective (un peu plus de 1000 m²). La filmographie complète des œuvres de Kubrick en copies neuves… Impeccable.

Hommage à Delphine Seyrig, une rétrospective de la réalisatrice Catherine Breillat. Juliette Berto, disparue il y a 20 ans. Mais aussi au générique, David Lynch, Jean-Pierre Melville, Alfred Hitchcock (l'intégrale)... Une présentation informelle mais rigoureuse de la part de Serge Toubiana.

Un court moment dans sa présentation, entre deux silences, il porte sa main à une poche pour sortir un petit livre qu'il montre à l'assemblée en annonçant que depuis "longtemps il n'avait pas été aussi touché par livre sur le cinéma". Ce "petit livre", c'est le bouquin de Samson Raphaelson, scénariste de neuf films d'Ernst Lubitsch dont "Haute pègre", "Le ciel peut attendre". Il est aussi, faut-il l'oublier, le scénariste du "Chanteur de Jazz" qui ouvrit la porte au parlant...

Nous le savons rien ne sert d'improviser lorsque l'on est là, sur scène à présenter la nouvelle saison.

La raison de cette représentation théâtralisée, la rétrospective Ernst Lubitsch en collaboration avec le Festival International du Film de Locarno et la Cinémathèque Suisse du 25 août au 10 octobre 2010. Une lecture le 12 septembre (date à confirmer) du livre de Samson Raphaelson édité chez Allia Éditions.

Voilà un livre court qui mérite, comme c'est souvent le cas chez Allia, qu'on y plonge le nez. Samson Raphaelson y conte par touches la naissance d'une amitié entre lui et le cinéaste. Un lien qui ne sera jamais démenti. Mais une relation non divulguée. La peur peut-être, celle de croire que l'on est pas à la hauteur de ce que l'on vous offre.

La sensibilité du texte, son humour est à la hauteur de la "Lubitsch Touch". Car à travers le regard du scénariste nous pénétrons sans effraction dans l'intimité de la création.

Hollywood, n'est jamais loin, naturellement.

Il n'y a pas de chapitre, mais la respiration est là, entre les anecdotes qui nourrissent cette "Amitié". Cette relation au fil des pages nous conte une histoire, celle du cinéma...

Un bien bel hommage.