QUARTIER CHAUD !

Manosque ouvre grand son "port" pour la huitième édition de son festival festif "Blues et Polar" avec cette année les embruns en invités d’honneurs. Le thème : "le Polar et la mer", cela va tanguer du côté de la Méditerranée…

Le monde selon Popeye…et débarquer à Manosque.

On l’appelle Popeye. Tout le monde en ville connaît Popeye. Non qu’il est le pied marin, sûr ! Son surnom il le doit à ses avant-bras démesurément musclés à moins, oui, à moins que cela vienne de sa tronche que Dieu lui a concocté, caricaturale à souhait comme dans une bande dessinée. Où plus banalement à son pull rayé blanc et bleu qu’il ne quitte jamais. Encore que sa démarche chaloupée...

Popeye se veut hautement important. Il travaille à la ville de Manosque-sur-mer. Cet employé municipal a la redoutable tâche d’informer ses concitoyens sur les manifestations à venir. A savoir, coller les affiches aussi bien sur les panneaux de la mairie que là où la place est disponible, c'est-à-dire, en ce mois de juillet qui commence à voir défiler la peau blanche des touristes, partout.

Aujourd’hui, à quelques semaines de la manifestation, son solex poussif et polluant le guide vers la haute ville, dans les méandres des ruelles protégées par l’ombre. C’est que le soleil est déjà là. Lourd, malgré la brise marine.

Il est souriant Popeye en ce matin.

Après avoir posé, avec toute l’attention qu’il lui doit, son solex ancestral, il déroule de son cache une affiche qu’il vient couler par-dessus l’annonce préfectorale d’un avis d’expulsion. Naturellement c’est totalement interdit, mais que voulez-vous Popeye est ainsi. Un dernier coup de pinceau de cette colle bien gluante, et notre marin d’eau douce se recule à la manière d’un peintre qui contemple son œuvre achevée. C’est qu’il est pas peu fier en fixant l’affiche, le Popeye, il sent même sa jeunesse de bourlingueur lui chatouiller les souvenirs… L’affiche placardée annonce les festivités du prochain "Festival Blues et Polar de Manosque qui auront lieu du 23 au 28 août 2010. La mer en est l’invitée d’honneur, cela ne pouvait que convenir à Popeye. La flibuste n’est pas loin. Tous les cafés de Manosque en savent quelque chose.

Qui n’a pas entendu Popeye parler de sa jeunesse de pilleur d’épaves, de naufrageur en territoire de Sardaigne, de contrebandier de cigarettes, ne peut pas comprendre l’homme… Même si avec le temps les idées et lieux se croisent les yeux après quelques verres, le pittoresque est là. L’homme sent bon le conteur. Et lorsqu’on laisse les enfants s’approcher du pirate, ils reviennent à la maison, les gamins, l’imaginaire plein comme un œuf, et même que la télévision n’aura pas raison des histoires romanesques de Popeye.

Il décide de mettre une seconde affiche, à côté, pour soustraire totalement l’avis d’expulsion du regard. Il marmonne notre colleur d’affiche…

Pensez donc m’sieurs dames, elle est croquignolette la programmation du festival, cette année… C’est que du grand, du beau… De la musique, du cinéma, de la littérature et où la gîte n’est pas exclu du plaisir maritime…

Popeye ne va pas tout vous dévoiler de suite, mais sachez que le plaisir est en haute mer… Avec inauguration de la manifestation où coulera à flot, tous droits sortis de la distillerie de Forcalquier, quelques breuvages dignes d’un Barbe Noire, de quoi assécher sa soif en écoutant les "Sidney Bros Band"… Pas vrai Popeye !

Il y a des jours (le 23 août particulièrement) où la mer n’est pas se que l’on croit, "Une mer d’oliviers" pour que le théâtre respire par sa lecture… C’est le Théâtre du Corail qui oeuvrera dans le domaine de Valmiane, le même soir, voir "L’équipier" au cinéma. Voilà une question récurrente "Méditerranée et Mers d’ailleurs" que l’ami Jean-Pierre Tissier , un copain de Popeye, entouré de Nicole Jumele et René Frégni offriront en débat le 24 août à la Chapelle de Toutes Aures. Deux auteurs invités, Jean-Pierre Cabane pour "Ciao bella" et Franck Boitelle pour "Les nuits des terre-neuvas". Débat le soir au cinéma le Lido avec le réalisateur marseillais Philippe Carrese avec son film "Liberata".

Le troisième jour (25 août) est dédié à la BD à la librairie "Au poivre d’âne" avec comme invité (entre autre) l’auteur de polar Marc Villard. Au cinéma "La vieille dame qui marchait dans la mer". Le 26, la journée est dédié à Giono, à monsieur Jean Gion comme le dit respectueusement Popeye… Il y aura lecture d’extraits et soirées chantées a capella par le groupe de filles Les Pirates de Cancale… Et le soir, toujours et heureusement séance cinéma avec le film du réalisateur irlandais Mike Newell "Le cheval venu de la mer".

Le 27 août (un vendredi) on frappera les trois coups, ceux d’un battement de cœur, ceux des plaisirs du festival. Trois romans "L'été tous les chats s’ennuient" de Philippe Georget, "Le chaman blanc" de Jean-Pierre Larminier, "Du sang dans les algues" de Jean Darri, Déjà dit plus haut, l’inauguration officielle du festival et de l’exposition de Rosario d’Espinay Saint Luc. Comme d’habitude un film clôtura la soirée. "Calme blanc".

Le samedi 28 (déjà), il le sait Popeye, tout a une fin (faim) et il faut que le festival se termine en apothéose alors reconnaissons que le thème choisi est à la hauteur de la flibuste, "Du rififi en mer". Lecture de Dominique Zamparini des "Travailleurs de la mer" de Victor Hugo avec en intervalle nos copines Les Pirates de Cancale. Débat animé par Jean-Pierre Tissier et Marc Donato et quelques matelots hauts en couleurs comme le skipper de Tabarly, Felix Aubry de la Noë, le commandant Jean Bulot (patron de l’abeille Flandre qui remorqua l’Amococadiz et l’Erika), Patrick Forestier, grand reporter à Paris-Match et Franz-Olivier Giesbert le parrain du festival. Suivis d’une dédicace.

Ne pas oublier que l’apéro est de sortie…

Le feu d’artifice sera celui des notes du groupe The Drinkhouse Preachers… Qu’on se le dise, il serait temps de réserver vos places dans le prochain TGV. Lui Popeye, se dit que la vie est vraiment injuste, qu’il aurait pu être chanteur, écrivain, voir acteur… Mais non. Popeye n’a jamais eu autant d’ambition et, après un court moment d’apitoiement sur sa personne, il reprend son solex et disparaît au coin de la ruelle laissant, devant les affiches du festival, l’ombre de Popeye.