Trois mois après un Nouveau Casino le lendemain du festival Froggy's Delight (le 10 février donc), la plus stupéfiante des formations de Detroit revenait à Paris, la semaine passée, investir la Maroquinerie. Salle comble, forcément ; le temps où les Von Bondies n'attiraient qu'une cinquantaine de personnes dans la capitale a semble-t-il vécu ; public plutôt jeune par terre, plus expérimenté autour de la fosse.

I Am A Robot, trimbale en première partie, depuis Los Angeles, sa musique sous forte influence Gang Of Four : un poil répétitif mais possédant une présence scénique déjà bien affirmée. Mention spéciale au chanteur, malgré sa gestuelle bourrée de clichés, qui parviendra logiquement à rallier à lui toute l'assistance.

Deux parties distinctes composeront ensuite le set, jubilatoire au possible, des Von Bondies. La première logiquement dévouée à Pawn Shoppe Heart, tous simples dehors "Broken Man" , "C'mon C'mon" ... émaillée de références bien senties à Lack Of Communication : "Cryin" , "Nite Train" , "Cass & Henry" , "Shallow Grave"... avec une indéniable mise en avant de la bassiste Carrie Smith.

Même si visuellement les quatre américains ont troqué leur côté sombre et mystérieux pour un look plus clean et pop, musicalement ils n'ont rien perdu de leur mordant. Au bout d'une bonne heure, le show prend enfin le tournant tant attendu : "Going Down", leur première composition, la phénoménale "Rock'n Roll Nurse" des Oblivians, suivi par "Lack Of Communication" suite à une courte pause avant un final apocalyptique voyant un Jason Stollsteimer, plus sincère que jamais, s'émerveiller devant l'amour à Paris (!) ... sans pour autant atteindre les sommets de Jim Morrison à Miami, on s'entend !

Tout mouvement ne dure qu'un temps : on se prend de passion pour les groupes détonateurs, parfois laissés de côté pour des formations plus fougueuses mais aussi souvent plus éphémères, avant d'effectuer un salvateur retour aux sources. Cette histoire se répète éternellement tant les rares groupes "nouveau rock" actuellement excitants restent finalement les premiers de la vague (ie ceux de la Motor City).

Les Von Bondies demeurent incontestablement l'orchestre rock à voir actuellement : immanquable ... quel que soit le lieu ...