Il serait de mauvais ton de ressortir une fois de plus un dialogue des plus réchauffés qui ne fait rire plus personne, et que subissent encore les gens du Nord. Laissons enfin tranquille les répliques de Dany Boon pour nous intéresser à la vie.

Même si celle-ci, en créatrice, nous joue des tours à sa façon.

Le peintre Pierre Wemaëre est décédé le 8 janvier dernier à l’âge de 96 ans. Il garde en héritage le souvenir d’une aventure, la sienne, qu’il a su faire partager une dernière fois en homme sage, avec cette rétrospective que l’on pourra admirer au Cabinet d’arts graphiques du Lieu d’Art et Action Contemporaine (LAAC) de Dunkerque, du 19 juin au 19 septembre 2010.

Un voyage au cœur d’une œuvre. Celle d’un peintre autodidacte qui chercha toute sa vie, sa représentation. C’est en 1936, et la rencontre avec Fernand Léger dont il est l’élève, que Pierre Wemaëre goûte à la "couleur". Il rencontre Vassily Kandinsky, Paul Klee. Une séduction artistique, naturellement, un voyage, encore un , et qui ne sera pas le dernier. Une vision abstraite qu’il partage avec Fernand Léger. Composant sur le tableau la création. Non comme un signe représentatif de la vie quotidienne mais bien comme un acte artistique se logeant dans le mouvement et la multitude des couleurs fibres. La liberté a trouvé sa trace.

Une cinquantaine d’œuvres présentes, s’échelonnant de 1938 à 2009. Tout droit sorties de l’atelier Versaillais. Illustrant l’évolution de l’artiste. Gouache, aquarelle, craie grasse, encre… Des outils multiples pour une sensation unique, celle de la métamorphose des couleurs, de la maîtrise technique où le hasard n’a pas sa place malgré ou heureusement d’ailleurs lorsque l’on perçoit, lorsque l’on ressent cet envol du trait, cette animation de la toile ainsi composée.

On trouvera également quelques dessins en noir et blanc à l’encre de Chine. Un travail qui préfigure les œuvres à venir. De plus, pour la première fois, on pourra voir ses carnets d’études trop personnels dans lequel l’artiste a laissé son inspiration filer au gré des pages. Témoignage de sa maturité. Les plus délicats des carnets d’études seront présentés sous formes de diaporama.

Voici une exposition qu’il faut déguster pour le plaisir d’une rencontre, d’un frôlement, d’une sensualité, avec une œuvre entière qui brasse près de 70 ans d’une vie d’artiste.