Christine Arnothy, créatrice de best-sellers dans le monde entier, depuis J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir. Elle revient aujourd’hui avec La vie, d’une manière ou d’une autre, après Le bonheur, d’une manière ou d’une autre, que j’ai lu, que j’ai moyennement apprécié, le sujet traité trop lentement à mon goût, trop de personnages englués dans leurs soucis, trop de dialogues secondaires peu efficaces, malgré une intrigue passionnante.

La vie, d’une manière ou d’une autre est un livre pour lecteur-glouton que j’ai dévoré en moins de deux. Un peu moins de quatre cents pages réunissant l’antique recette du best-seller : amour, gloire, beauté, manipulation, vengeance, justice, espoir et suspense. Un régal à l’état pur.

D’abord, il y a Alice, la victime vengeresse d’un épouvantable bizutage sexuel, orchestré par Hilda, la peste, fille d’un ambassadeur richissime. Il y a aussi Elly, la femme couguar qui a les dents qui rayent bruyamment le plancher, tante d’Alice, milliardaire, maîtresse de l’ambassadeur pour qui elle ambitionne la course à la présidentielle de 2012. Il y a aussi Jonathan, embauché par Elly pour soutenir et surtout pour surveiller Alice. Il y a aussi Jérémy, ami et amant de Jonathan, as de l’informatique, cloué à un fauteuil roulant. Il y a aussi les bouchers : docteurs Crou, docteur Morthel, Oswald et les autres, qui officient dans l’Hôpital Central, un hôpital gratuit aux pratiques douteuses, financé par des mécènes crapuleux et des généreux donateurs tout aussi douteux. Il y a aussi Rudolf, Myriam, N’Bo, Sonaya, Kavetzki, Maud, Suzan, Larry… qui croisent tous la route d’Alice, et qui l’aideront à tourner la page, d’une manière ou d’une autre.

Une histoire comme je les aime : un début glauque et difficile, une miraculée assoiffée de vengeance, des inconnus gentils, des proches diaboliques, des allers-retours, des voyages et une belle fin pas trop nunuche. L’intrigue ne s’essouffle pas une seconde, parce qu’elle n’est encombrée d’aucune description ou dialogue inutile. Chaque mot compte, on n’en perd pas une miette et on y croit.

Un livre à lire d’une traite, comme remède à un dimanche après-midi ennuyeux, à savourer au calme, emmitouflé dans un bon fauteuil, un chocolat chaud à portée de main, un chat qui ronronne sur les genoux, se laisser emporter par le tourbillon de l’intrigue, pendant que le froid et la pluie frappent les carreaux.

Après l’énigme de la jaquette : "Qu’est-ce qui gouverne le monde : le pouvoir, l’argent ou le sexe ?", le postulat s’impose : c’est l’amour, et puis c’est tout, ce n’est qu’une question de choix.