Cannes version sociale

Quoi qu’en pensent les puristes et autres gardiens du temple, le cinéma comme la République, est UN et indivisible. Le plaisir de chacun est de piocher dans cette unité pour s’offrir la liberté du choix. C’est la force du 7ème Art de conjuguer le multiple de ses désirs sans que cela déroge à l’unité d’un art.

Il est bon parfois de remettre les pendules à l’heure juste, les choses en place, de dire que le cinématographe, dès ses premiers balbutiements, trouve rapidement les chemins étroits et complexes de sa relation au social (comprenez, mais vous le savez déjà, qu’il n’y a pas de cinéma sans le social). En 1899, Méliès ne fait-il (presque dans la foulée) un film de 10minutes reconstituant dans un réalisme politique peu commun à cette époque, le procès à charge de Dreyfus, déclenchant quelques bagarres rangées dans les lieux de projections d’alors…

Le cinéma est social parce qu’il parle de nous, d’eux, des univers qui composent la mosaïque humaine. Le cinéma de par sa force traverse le courant des genres pour nous offrir, quoi qu’il advienne, une photographie relationnelle du genre humain.

Pour la huitième année consécutive "Visions Sociales" s’installe du 15 au 24 mai 2010 au Château des Mineurs à Mandelieu La Napoule sur les hauteurs de Cannes, vue plongeante sur le Festival.

Cette rencontre annuelle est organisée par la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) du comité d’entreprise EDF/DGF. Une détermination "politique" pour ce comité qui est de montrer, en marge du Festival, un cinéma ambitieux qui permet d’approcher d’une façon réfléchie l’univers d’un monde qui parfois se retrouve caricaturé à son mal défendant dans nombre de films. Un cinéma pourtant haut en couleurs, vigoureux et porteur d’espoir (même dans le désespoir souvent proposé).

C’est le comédien et réalisateur Jean-Pierre Darroussin (il présentera son premier film "Le pressentiment", le 21 mai à 15h00) qui parrainera cette nouvelle édition, succédant à Yolande Morreau.

30 films au programme. Court et long-métrages. Fictions et documentaires. Français et étranger. Un regard libre et multiples sur des thèmes comme "La souffrance au travail" ou "La situation des femmes dans le monde". Thèmes récurrents qui juxtaposent les douleurs et les espoirs. Une place importante sera consacrée au cinéma d’Afrique, à noter la projection de "Teza" de l’immense Hailé Gerima, de "Daratt" de Mahamat-Saleh Haroun ou encore du film de Mamadou Sellou Diallo, "Le collier et la perle". Un débat sera également organisé autour du documentaire Africain, animé par Jean-Michel Frodon.

Des courts métrages en collaboration avec le Groupement de recherches et d’essais cinématographiques (le GREC). A cocher sur votre agenda, le 18 mai, pour une rencontre avec les réalisateurs.

Des films donc, mas pas seulement… Vous le savez, le social est aussi un plaisir (partenaire) cinématographique qu’essaie de vous faire partager le CCAS, avec de multiples rencontres comme avec Dyana Gaye, Mamadou Sellou Diallo, Olivier Hermanus, Jean-Robert Viallet, Dima El-Horr et naturellement Jean-Pierre Darroussin qui clôturera cette 8ème édition.

Pas besoin de badge, d’accréditation, ici, les films vous les voyez librement, à votre rythme. Comme le veut la tradition, la soirée de clôture sera symboliquement payante (5€), une façon festive pour aider une association. Et c’est bien. Il ne vous reste qu’à choisir, entre le plaisir et le plaisir.

Retenons si vous le voulez bien les propos de Serge Daney : "Je vais au cinéma pour prendre des nouvelles du monde". Voilà une bien belle phrase qui résume, à coup sûr, parfaitement le travail effectué par les équipes de "Visons Sociales", on ne peut que s’en réjouir.