Théâtre musical d'après William Shakespeare, mise en scène de Thierry Surace, avec Florent Chauvet, Jean Franco, Cécile Guichard, Elodie Nicolini, Frédéric Rubio, Serge Sardu, Sylvia Scantamburlo, Jérôme Schoof, Christophe Servas, Jan Sitta, Thierry Surace et la participation des danseurs Julie Galopin (ou Sandrine Lescourant) et Hugues Salgas.
A mille lieux d'un texte empesé et sentencieux, Thierry Surace - qui signe à la fois la traduction et la mise en scène - rend justice à un Shakespeare facétieux voire un brin graveleux.
Oscillant entre le fétichisme tendance latex noir et le costume d'époque, Bollywood et le hip hop, les ambiances moites et les fééries lumineuses, l'envoûtement et le rire façon "belly laugh", ce "Songe d'une nuit d'été" explose dans une théâtralité jouissive, forcément excessive et déraisonnable.
Le Songe, c'est la coexistence d'univers qui se frôlent, flirtent, sans jamais se mélanger vraiment : la vie rêvée et celle que l'on dit vraie, la mythologie celte et la mythologie grecque. Au Théâtre 13, on passe avec bonheur des danses à la comédie. Pièce bâtarde, foisonnante, mise en scène de la confusion amoureuse et sexuelle, de la folie douce-amer, Le Songe est une pièce résolument baroque qui alterne des parties chantées (avec brio), une histoire d'amour, une histoire d'amour qui se cherche, des tromperies, des métamorphoses sans que l'on trouve jamais les transitions artificielles.
Thierry Surace met en scène le merveilleux des débordements sensuels, égraine quelques références à la psychanalyse et réussit à faire fusionner le burlesque de cette fin de 16ème siècle avec lune période contemporaine qui se veut libérée.
Le Songe, c'est aussi et surtout une pièce dans la pièce. Des artisans plus théâtraux que nature montent en effet un fiasco avec un art de la parodie et de l'excès remarquable. La salle explose d'un rire enfantin, franc et affranchi de toute politesse.
Le décor polymorphe, mouvant, prend clairement le parti de la suggestion, laissant aux actrices et aux acteurs le devant de la scène (un peu petite pour tant de personnages). On en sort pourtant pris/e-s de vertige.
