Comédie mélodramatique d' Oscar Wilde , adaptation de Pierre Laville, mise en scène de Tilly avec Caroline Cellier, Mélanie Doutey, Jocelyn Quivrin, Robert Plagnol, Yves Gasc, Nathalie Krebs, Nicolas Bridet, Elisa Sergent, Isabelle Petit-Jacques, Sébastien Knafo et Jean Leloup

Esprit étincelant, fin lettré, amoureux de la forme, Oscar Wilde a écrit cette pièce en 1892
où il combine le comique, les traits d' esprit et de fulgurants et joyeux paradoxes devenus universellement connus.

Dans la très bonne société londonnienne où tout est permis à condition d' en respecter les règles établies basées notamment sur l' hypocrisie, Lord et Lady Windermere, jeune couple conventionnel, riche et amoureux, va se déchirer dès que la jeune femme, grâce aux confidences amicales de leurs relations, apprend que son époux entretient des relations avec une femme libre et d'une grande beauté, Madame Erlynne dont l' arrivée récente et ses nombreuses relations masculines défraient la chronique.

En toile de fond, une comédie de moeurs dans laquelle Oscar Wilde, qui sait de qui il parle, porte la charge contre la bonne société avec ses persiflages et ses échanges d' opinions convenues.

Au premier plan, un drame intime qui se développe avec l' entrée en scène de celle qui concrétise toutes les réprobations .Lady Windermere, vertueuse et digne, ne veut pas lutter contre le vice et la rouerie et s' efface sans comprendre qu 'elle sera par la même, elle aussi, sujet d' opprobre et de scandale. Mais l' auteur nous ménage quelques rebondissements qu' il serait dommage de déflorer.

Toutefois, le mélodrame tend vers le drame classique en introduisant au fil des répliques un dilemme cornélien.

Le texte est peaufiné, intelligent, brillant et les acteurs tout à fait remarquables. Les deux protagonistes, Mélanie Doutey, qui maîtrise complètement le lourd et délicat rôle de Lady Windermere , et Caroline Cellier, qui campe une sculpturale et majestueuse scandaleuse, nous tiennent quasiment en haleine et sont très bien entourées par des gentlemen hauts en couleurs!

Une exception toutefois pour le comédien totalement à contre-emploi qui interprète Lord Windermere. Rien de sa démarche, de sa diction et de son jeu même ne permet de croire un instant à ses origines aristocrates et anglo-saxonnes. Il serait plus proche des personnages réalistes de Pagnol encore qu' il ne se prenne pas pour la queue d' une cerise ! Et le point d' orgue intervient lors de la réplique "Imbécile!" dite avec un de ces accents marseillais à fendre le coeur!!!!