Au bout d'une heure passée à régulièrement vanner le batteur, Craig Nicholls sort enfin de ses gonds, jette sa guitare par terre, insulte tout le monde et quitte brusquement la scène, le reste du groupe l'imitant quelques instants plus tard.
Les musiciens de nouveau en place, le nabot refait irruption en explosant une canette de coca sur une cymbale de la batterie.
Evidemment le rappel tourne court, toujours pas calmé et incapable de tenir en place, Craig Nicholls balance son pied de micro sur la batterie, emmenant par terre la moitié de celle-ci, avant de faire suivre au micro le même traitement : épilogue d'un set des Vines (leur deuxième à Paris cette année) dont seul le dénouement sera tristement à retenir.
Sans pour autant atteindre les profondeurs abyssales de leur pathétique Bataclan en 2002, cette nouvelle prestation des australiens ne convainc encore pas, loin s'en faut. Face à un public de teenagers survoltés, le groupe joue la facilité alternant mathématiquement balades et grosses guitares pour un résultat tuant d'ennui dès les premières minutes.
Deux ou trois bonnes idées çà et là accrochent cependant (dont l'impeccable "Get Free" et son infernal riff pompé sur "Breed") mais dans l'ensemble, le show, majoritairement dévoué au nouvel album, s'avère pénible au possible. En effet, malgré une chouette pochette aux accents psychédéliques, leur dernier opus, "Winning Days", se transforme en un naufrage ultime sur scène.
A la vue de tous les efforts de Craig Nicholls au chant, de ceux du guitariste (traumatisé dans une vie antérieure par Peter Holmstrom des Dandy Warhols) tricotant finement ses intros acoustiques on ne peut qu'éprouver de la pitié (se marrer étant l'alternative) tant les mélodies semblent ambitieuses ... et le résultat si insipide.
S'il fallait une morale à cette chronique, autant dire que les Vines (et surtout leur leader) ne sont définitivement qu'une bande de petites frappes, de minables à l'ego surdimensionné qui méritent tout notre mépris et avant tout notre indifférence ... de quoi se persuader de ne jamais plus vouloir donner une seconde chance ...