Le problème de nombreux "best of" reste le côté un peu daté et hétérogène des tubes de nos artistes préférés ! Comme si les titres sélectionnés par les artistes n’avaient pas choisi de se serrer les coudes, côte à côte, sur la rondelle. Ce best of The Triffids n’y coupe pas. Wide Open Road sort ce printemps 2010 et propose avec générosité et auto indulgence 18 des sacrés "meilleurs titres" du groupe. Du pop/rock australien très imprégné du folklore irlandais, avec le violon notamment sur "Red Pony", "Raining Pleasure" et des années 80, avec la présence quasi-systématique de synthétiseurs.
Bien qu’assez proche de The Clash ou de l’univers de Joy Division, les compositions, portées par la voix de David McComb, sont avant tout des ballades mélancoliques ayant plutôt mal vieilli pour la plupart d’entres elles. Cela dit, pour sortir de toute vision manichéenne, il faut bien admettre que le gris existe et que le son de cet opus est parfaitement soigné.
Le titre "New years Greetings" est l’un de ceux qui sort plutôt triomphant avec une certaine sobriété dans les arrangements et une pédal steel enivrante. Peut-être le plus classieux de cette sélection de meilleurs morceaux.
"Kathy Knows" est très créatif et fait vaguement échos à "If you were there, beware", un titre des Arctic Monkeys, groupe anglais par excellence, dans une construction rythmique hachée. A un détail près : le dernier groupe mentionné assure la relève avec brio mais aussi avec une trame de fond plus énergique et uniforme sur la totalité de son travail.
On sent que sur l’ensemble d’une carrière, allant de la fin des 70’s à la fin des 80’s, The Triffids a effectué un travail fouillé. Il s’est aussi, à quelques occasions, un peu égaré. Les membres du groupe ont manifestement recherché la difficulté en tombant dans le piège des expérimentations farfelues des techniques d’enregistrement de l’époque. Ce qui rend l’ensemble parfois indigeste. "Lonely Stretch" en est l’exemple le plus criant ! Ce groupe a connu un passé au succès mitigé dans une période peu prolifique voire totalement désertique d’un point de vue créatif. Le résultat est très inégal, à la limite du remplissage. J’ai donc, en dépit d’un acharnement sans limite, éprouvé quelques difficultés à trouver les trésors musicaux invitant au voyage… et pourtant, la route était grande ouverte !
