Black Sands est le quatrième album de Bonobo, nom sous lequel le DJ et producteur anglais Simon Green a l’habitude de signer ses registres. A l’origine, le mot "bonobo" fait référence à une espèce de primates dont l’habitat naturel est la forêt congolaise et ils sont en voie d’extinction. Il parait légitime, en effet, de penser que Simon est une personne avec une conscience écologique et naturaliste, ce qui, de nos jours, ne peut que bien lui aller.

Mais, en tant que producteur, Simon est aussi un esthète, comme le prouvent les CD précédents de Bonobo et comme le confirme ce Black Sands, vraies démonstrations d’équilibre entre l’électronique, l’acoustique et l’ambiance, mais également de virtuosité créative et de sensibilité humaniste, accentués par les détails ethniques qui remplissent de nombreuses musiques du disque.

L’écoute de Black Sands me rappelle le statut que le projet Bonobo a acquis en tant que pionnier et référence dans le son qui, au début du XXIème siècle, a commencé à être appelé "lounge" et qui représente pour moi toute la musique composée par les sons qui remplissent le silence sans emplir nos oreilles, dont la neutralité auditive apaise les tensions du corps ou de l’esprit, des mélodies harmonieuses et tranquillisantes auxquelles en général il manque, d’après moi, juste une chose : une âme.

Le disque est très homogène et la production irréprochable, avec la collaboration vocale d'Andreya Triana sur trois morceaux ("Eyesdown", "The Keeper" et "Wonder When"). J’ai particulièrement aimé les cinquième et sixième ("El Toro" et "We Could Forever"), instrumentaux où l’on perçoit tout d’abord l’âme brésilienne dans le style Nicola Conte, puis le désespoir de la perte.

Ce disque va être un délice pour ceux qui sont déjà fan de Bonobo, mais laissera indifférent ceux qui ne sont pas réceptifs au son lounge. J’ai déjà été plus réceptif que ça...