La route ne sera pas si longue sous le soleil et les étapes attendues. C'est que le festival qui a pris la route le 22 mars dernier est original en tout point. C’est la première manifestation de ce type au Sénégal. Un festival de cinéma itinérant ayant au programme l’animation en majesté.
Mille images à projeter tout au long du fleuve Sénégal. Une histoire portée par le vent en magie parfaite l’attente du public. Qu’il s’agissent de films remontant au début du 7ème Art, ou d’autres de factures contemporaines, le regard des spectateurs a la même attente, la même curiosité de Matam à Saint Louis. Entre villages et villes, l’écran gonflable dressé tous les soirs, ne fera que des heureux…
Une part belle, nous le sentons bien, est réservée aux enfants. Pas de problème, n’est-ce pas la génération montante est à l’écoute des rires ? La haute technologie et la 3D sera aussi de la fête. Le partage, pour tout cinéma.
Une programmation axée sur l’histoire du cinéma d’animation (Le grand Walt n’était pas tout seul à faire virevolter l’immobile) avec des films de jeunes talents mais également des réalisateurs confirmés comme ceux du Maître africain Moustapha Alassane, parrain de la manifestation.
Parallèlement, des films de sensibilisations contre le paludisme, fléau du Sénégal, seront projetés le soir lors de la même séance. Le festival n’est pas un simple lieu de projection, de par sa fonction, de par l’engouement qu’il suscite, les responsables comme Jean Claude Thoret, Bruno Ventura, Erwan Le Vigoureux où encore Fatou Fall, Aissata Sow, Djibril Diakhaté ont su jongler en parfaite symbiose avec les attentes du public, s’engageant à distribuer à la population la plus démunie des moustiquaires imprégnées pour protéger et lutter contre cette saloperie. Faut dire haut et fort le boulot qui est fait là bas est simplement génial.
Je sais, je m’emporte toujours dès que des types font des trucs biens, lient leurs désirs à l’humanitaire…
Mais ce n’est pas la seule bonne idée que ce festival a dans sa besace.
L’autre, sans bonus, se balance comme un mouvement temporel de la vie, "je reçois et je donne", en offrant à chaque l’étape, la richesse culturelle de ces populations. En conviant à l’escale les détenteurs du patrimoine culturel et ainsi participer autours des villageois à la fête de "leur" savoir.
Comme on le voit, un festival peut en cacher un autre qui lui-même œuvre contre la maladie… Existe-t-il beaucoup de manifestations de ce genre qui conjuguent au même temps le désir de découverte, le plaisir cinématographique, et la force humaniste ? Je n’en connais qu’un, "Afrikabok".
Une leçon qui nous enseigne que le cinéma n’est pas fait que des petits mickeys, mais bien de rapports humains qui ne se contentent pas d’une séance pour clore le film.
