Comédie dramatique écrite et mise en scène par Pascal Loison, avec Jean-Michel Dagory, Fabien Floris, Pascal Loison, Anne Marbeau et Audrey Sourdive.
Les "Griffes de Salem" sortent du néant pour offrir à notre peur sa vigilante libération….
Le verbe est unique. Comprenez qu’il est juste, comme un proverbe. La pièce de Pascal Loison autour de laquelle une famille se regroupe, prend corps et se déchire (là encore, il est important de jongler entre le terme troupe - de théâtre - et famille puisque ici, l’un se conjugue avec l’autre, pas forcement au même temps, nous sommes d’accord, mais avec la même détermination, le même talent, là nous en sommes persuadés) nous interpelle, elle concerne bon nombre d’entre nous.
Le mot en cela, dans l’instant, dans le phrasé des comédiens, à la valeur de fable. De reconnaissance psychologique.
Mais également celle du souvenir, celle de la terreur. Celle du meurtre envisagé.
Pascal Loison, auteur et comédien, offre à sa troupe de nous organiser cet affrontement, avec l’ami Jean-Michel Dagory, Fabien Floris, Anne Marbeau, Audrey Sourdive, l’unique spectacle de la vie, on peut l’entendre également autrement, cette déchirure comme œuvre d’art.
La crise dans toute sa reconnaissance;
Attention, ne vous attendez pas à une prise de cerveau, un truc hautement cérébral. Il n’en est pas question. Point de cela. Les mots des comédiens vous appartiennent. C’est d’ailleurs toute l’intelligence du metteur en scène et auteur Pascal Loison, il a su faire rebondir sa rébellion au cœur/chœur du public dans ce huis clos qui nous protège, c’est eux qui se déchire sur scène, pas nous !
Que dites-vous ?
Si nous conservons nos déchirure secrètes, il en est tout autre de ce que nous renvoie le jeu des comédiens. De la réalité des fractures.
La déchirure est artistique, hautaine et violente, sans compromis. Normal, lorsque l’acte de tuer entre en scène. Il y a comme cela des moments sans retour, des espaces qui deviennent post mortel. Normal et encore… Oui, et encore, l’apprentissage de la violence, est présente, comme ultime ressource à la vie.
Il nous parle le gars Pascal. Il faut écouter l’entr’mot pour comprendre la réalité de ses écrits, cette volonté des comédiens d’être non pas des marionnettes, mais des artistes.
Les dialogues coulent au rythme d’une eau de source, elle vous file entre les doigts, impossible de conserver la tirade, le mot d’auteur, la verbe violente. Rien.
II ne vous reste plus, à vous public qu’à écouter et vous approprier les personnages. C’est un exercice hautement bénéfique, de s’offrir ainsi la déchirure de l’autre, de celui qui est sur la plateau, votre miroir en quelque sorte (allons, ne chipotons pas nous savons tous qu’en nous déplaçant au théâtre, c’est un peu de nous même que nous désirons voir sur scène).
Naturellement qu’ils nous ressemblent, naturellement que l’on a envie de prononcer avec chacun des personnages leurs répliques tellement elles sont justes et nous collent à la peau. D’être leurs doubles.
En voyant sur scène Jean-Michel Dagory, Fabien Floris, Anne Marbeau, Audrey Sourdive et l’auteur Pascal Loison, on est en le droit de se dire que nous sommes nous spectateurs les squatters des personnages, que nous vampirisons la réalité pour nous offrir le confort de l’imaginaire.
En est-on si sûr ?
Et si c’était nous, public, l’objet théâtral de Pascal Loison. Ne parlions- nous pas de miroir… Une chose est sûre, il bon de se savoir en reflet dans une telle œuvre , nous sommes sûr de ne pas se savoir déformé. La magie est là, à vous de la détecter comme plaisir pur.
