L'exposition "Turner et ses peintres", actuellement à l'affiche du Grand Palais, a été initiée et conçue par David Solkin, professeur d'histoire de l'art au Courtauld Institut of Arts de Londres, en collaboration avec les conservateurs de la Tate Britain à Londres selon une démarche analogue à celle de l'exposition "Picasso et ses maîtres", son titre en anglais étant d'ailleurs "Turner and the Masters".
Pour l'étape parisienne de l'exposition, le commissaire Guillaume Faroult, conservateur du département des peintures du Musée du Louvre, y a apporté un éclairage spécifique pour mettre en évidence les apports des séjours parisiens de Turner tant en ce qui concerne la connaissance des peintres de paysages néoclassiques français que celle de ses homologues contemporains.
Aussi retrouve-t-on dans la catalogue l'ensemble des essais émanant des divers intervenants à cette manifestation muséale. Par ailleurs, la partie "catalogue" proprement dite est composée d'études et notices détaillées dans lesquelles s'insèrent les oeuvres dans le contexte de l'exposition qui en constitue le prolongement.
L'ensemble,
qui bénéficie d'une mise en page diversifiée,
constitue une belle compilation des études scientifiques
qui ont motivé l'argument de l'exposition.
David Solkin se penche sur la formation de Turner à la Royal Academy of Art, dont les préceptes qui prônent l'imitation et l'émulation, qui va conditionner et orienter le développement de son œuvre et ses choix picturaux et, face à la féroce compétition qui sévit à la fin de l'œuvre géorgienne, parvient à "l'imitation créatrice face à la copie stérile et servile".
Guillaume Faroult consacre de longs développements à la découverte et à la confrontation de Turner avec les paysagistes français néoclassiques lors de ses venues à Paris qui est au début du 19ème siècle un centre artistique de renommée internationale et connaît une pratique intense et une production abondante du genre du paysage.
Ian Warrell, conservateur à la Tate Britain, détaille l'art de Turner "copiste, collectionneur et croqueur" de tableaux de maîtres anciens qui procède tant du culte de l'artiste que de l'hommage et ses oeuvres tardives.
Chacune des grandes influences de Turner fait l'objet d'une étude détaillée : l’école britannique par Philippa Simpson conservateur assistant à la Tate Britain, les peintres du Nord par David Solkin et la peinture hollandaise par Sarah Monks, professeur d'histoire à l'Université de York.
Un essai spécifique, signé par Kathleen Nicholson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Oregon, est bien évidemment consacré à l'influence majeure et à la vénération que portait Turner à Claude Le Lorrain.
