Basia Bulat, petite canadienne de 26 ans de la scène folk, vient de sortir ces jours derniers son deuxième album Heart of my own, trois ans après un Oh, my darling remarquable visibement.
De bonnes choses à retenir de ce Heart of my own que l'on pourrait décomposer en deux parties.
D'entrée, sur "Go on", on jurerai que Basia a des racines irlandaises tant cette ballade enjouée semble tout droit sortie d'un irish pub surchauffé par la guinness. Cette composition mélange avec énergie violon, banjo, tambour, auxquels basia ajoute une voix limpide, éclatante et rapide, taillée dans le même bois vocal que Tracy Chapman. Bref, trois minutes très prometteuses qui n'ont pas à rougir des superbes sessions traditionnelles que j'ai pu observer du côté de Galway.
Ce style péchu très irlandais, on va encore l'entendre sur "Gold rush", vive cadence aux fûts, violons aériens et guitares/banjos appuyés, avec ce timbre de voix qui suit superbement ces envolées traditionnelles. ballade irlandaise, "Run" l'est aussi, grâce cette harpe electrique -instrument de predilection de la canadienne- et violons, où basia se montre plus douce vocalement.
Rien à redire non plus sur les intermèdes plus tranquille, comme ce petit virage folk sur la très belle "Sugar and spice" , où guitare sèche et cordes se donnent la réplique, comme aux plus belles heures de Simon and Gardfunkel. Ou "Heart of my own", sympathoche excursion sur des terres folk et country.
Basia bulat s'aventure aussi dans de superbes compositions épurées, tels "Sparrow" -mandoline et chant seulement- façon PJ Harvey période White Chalk ou le magnétisant "The shore" sur lequel la belle nous livre une douceur mélancolique à la harpe electrique (peut être le plus beau morceau de l'album).
La deuxième partie de l'album est un peu en dedans, moins de souffle et d'intensité.
On pourra reprocher sur "I'm forgetting everyone" un manque de saveur, balade trop orchestrée, cuivre dispensable.
Passons rapidement également sur "Once more, for the dollhouse" et "If it rains" , qui ne dégagent rien sinon un peu d'ennui.
Mais basia se reprendra sur "Walk you down", ensemble assez pop avec guitares soutenues, piano et orgues bien dans le ton avant de terminer joliment sur un morceau à capella, "Hush", hommage au genre gospel.
Pour conclure, un bel effort donc, entre musique traditionnelle irlandaise, folk épuré et country, très agréable à écouter, malgré quelques petites faiblesses rapidement pardonnable.
