La Maison Européenne de la Photographie consacre un étage de son espace muséal à la dernière production photographique décennale de l'écrivain et photographe, Philippe Bordas fasciné par le continent africain
Cette exposition intitulée “L’Afrique héroïque ” se présente sous forme d'un triptyque thématique qui s'inscrit dans le registre de la photographie de reportage documentaire.
Le premier volet concerne une déambulation sénégalaise
avec le poète ivoirien Frédéric Bruly Bouabré,
inventeur d'une écriture hiéroglyphale spécifiquement
africaine en forme de pictogrammes inspirés du dessin
des pierres volcaniques sacrées de sa région natale
et qui présente de beaux portraits en noir et blanc.
Le second comporte un florilège de son travail consacré aux héros nationaux que sont les boxeurs du Kenya et lutteurs du Sénégal qu'il a publié sous le titre "L’Afrique à poings nus" en 2004 et qui a obtenu le Prix Nadar.
Il transporte le regardant dans un monde de muscles, de sueur et de gravité de la lutte ancestrale au combat de titans.
Enfin, le plus spectaculaire sans doute par la taille des clichés
grand format, leurs couleurs chatoyants et le côté
très row, concerne le reportage effectué auprès
des chasseurs du Mali, descendants des corps d’élite
de l’empire du Mali, qui vivent en colonies nomades perpétuant
des préceptes et des codes ancestraux du 13ème
siècle. 
Les photographies exposées frappent par le cadrage quasi ethnographique des portraits et la singularité des scènes de groupe.
Philippe Bordas opère une immersion dans un univers
totalement mythique, un brin "exotique" et pour le
moins anachronique, appuyée par l'accrochage dans la
quasi pénombre dans laquelle rayonnent les visages de
ces chasseurs avec leurs serpents, au symbolisme très
fort dans la culture dogon, et leurs hyènes apprivoisées,
animaux habiles chasseurs et '"montures" des sorciers,
qui constituent également un signe distinctif de leur
prestige et de leur appartenance à une caste supérieure
aux confins du monde sauvage, des hommes et des dieux.
