VOIR L’INVISIBLE ? Voilà un questionnement métaphysique, d’autres diront spirituel. L’invisibilité est affaire de pouvoir. Voir l’invisible c’est être disciple, de toucher du doigt ce que l’on craint, ce que l’on honore, voire ce que l’on prit. L’Invisible c’est le religieux, c’est Dieu, peut-être…
Les 10èmes journées cinématographiques Dionysiennes ont choisi de parler de(s) Dieu(x).
Le cinéma a toujours été en étroite relation avec le Divin. Même si au début de l’histoire cinématographique, les curés et autres prélats jetèrent l’anathème sur le 7ème Art naissant en fustigeant leurs ouailles de ne jamais franchir les portes du théâtre cinématographique, "Lieux tous juste bon pour les illettrés, les prostitués, les ouvriers et le domestiques". Aujourd’hui cet homme d’église doit heureusement pour nous se retourner mille fois par jour dans sa tombe.
Mais la question, la vraie reste entière. La représentation.
Le Cinéma "Les Ecrans de St Denis" ouvre ses écrans du 3 au 9 février 2010 à quelque chose qui pourrait ressembler au Sacré et à sa (ses) représentation (s). En tout cas, cette façon que l’homme entretient avec la dimension religieuse. Un vaste débat s’il en est.
Le cinéma est témoin de cette relation lumineuse, tumultueuse, voire ignorée. Mais toujours existante. Présente également comme une sorte de frontière, entre un siècle finissant et un autre qui verra la séparation de l’Eglise de l’État plus d’un siècle après le début de la Révolution française et au même moment de la déclaration de Nietzsche proclamant la mort de Dieu.
Il ne pouvait y avoir que le cinéma pour offrir ce questionnement multiple. Et c’est la drôle de bonne idée des Écrans de Saint Denis que de nous proposer à travers plus de 70 films une vision multiple (peut-être au fond la seule qui puisse tenir le coup) de la relation de Homme avec son Dieu.
Au menu (n’ayons pas peur de faire ripaille), deux cartes blanches, à Bruno Dumont et Raphaël Nadjari, un hommage à Werner Herzog, attention "films rares". Des rencontres naturellement ave des cinéastes tels que Artur Aristakisyan, Valérie Mrejen ou encore Lech Kowalski. Un dialogue avec Vincent Dieutre autour du visible et l’invisible au cinéma. La politique et la religion seront abordées ainsi qu’une nuit sans Dieu, ni Maître (que flotte de la drapeau du deuil) avec quelques films comme "Les diables" de Ken Russel, "Flavia la défroquée" de Gianfranco Mingozzi, un petit dernier "Mais ne nous délivrez pas du mal" de Joël Séria.
Un ciné concert "Faust" de Murnau, naturellement ai-je envie d’écrire. Mais aussi une surprise dans le cadre de dixième anniversaire.
Mais aussi, des avant premières, des classiques, des inédits, des documentaires aussi… Comme on le voit, que du bonheur cinématographique en prévision. Que demander de plus ?
Un miracle, peut-être ? Mais pourquoi faire, puisque le cinéma respire la vie, même fictive.
