On est en droit de ce poser aujourd’hui une question vieille de plus de cinquante ans. "Qu’est ce que le cinéma ?".

En vous proposant de découvrir les Rencontres Cinéma de Manosque (2 au 7 février 2010), et pourquoi pas, vous donner envie de sauter dans le prochain TGV pour y aller, je compte offrir (à moi aussi, égoïste que je suis) un regard neuf et jouissif, une régénérescence de l’acte cinématographique.

Pascal Privet et son équipe de boucaniers, bretteurs et découvreurs d’espaces cinématographiques nous proposent une fois encore de prendre un grand bol d’air dans notre monde numérique.

Ouvrir grandes les fenêtres et en avant pour une rétrospective du kazakh Sergey Dvortsevoy, poète de l’instant, cinéaste des vies, à la filmographie courte, mais intégralement projetée. Petits veinards, vous allez voir qu’en fréquentant le cinéma du Kazakhstan, la thalasso en comparaison, est une bien piètre cure de remise en forme.

A voir un film rare "Lettre à la prison" de Marc Sclalom. Un film retrouvé, datant de 1969. Un film en prise réelle sur l’immigration, un effet miroir du temps. Une fiction réalisée par un réalisateur émigré voguant entre la Tunisie et l’Italie. Un film qui à l’époque, ne put être projeté par manque de soutien financier. La renaissance du film (on doit s’en féliciter) on le doit à la fille du réalisateur.

Lorsque l’on me parle de "République" mon sang ne fait qu’un tour, dans le bon sens. Et lorsque l’auteur Denis Gheerbrant nous propose en générique "La république de Marseille" en sept chapitres, croyez moi que j’accours (confidence, même si cela n’a rien avoir je suis supporter de Marseille). Sept films, sept portraits de lieux, espaces de vie et non de confinement, loin des "pagnolades", le réalisateur laisse vivre l’image pour nous imprégner de sa ville et de ses personnages. Là encore prudence, il ne s’agit pas de caricature mais bien de tendresse devant ce peuple multiple qui nourrit Marseille.

Maintenant que je vous ai mis l’eau à la bouche, je me sens dans l’obligation (mais en est-ce bien une) de continuer mon périple et d’offrir un cinéma de chaleur, celui du réalisateur malien Adama Drabo et son "Taafe fanga" (pouvoir de pagne), devenu un film culte en Afrique et "La cueillette des étoiles" de Pascal Privet qui suit Adama Drabo lors de la présentation de son film dans le village Dogon où a été réalisé "Taafe Fange".

Le Jeune Public a droit lui aussi à sa part de galette avec un programme de films courts iraniens qui n’ont pas à rougir du plaisir qu’ils nous offrent. A noter également la projection du grand cinéaste Robert Flaherty "L’homme d’Aran", en copie restaurée s’il vous plait.

Autre grand, très grand plaisir, la rencontre avec un couple de réalisateurs rares, Markku, homme des bois dans le Grand Nord et Anastasia ancienne journaliste radio chantant les légendes de son peuple les Nénètses. Quatre films en résistance. "Mères de la vie", "Tapiola", "Fata Morgana" et "Le voyage perpétuel". Quatre films aux sources de l’Homme. Et puis Voyage perpétuel voilà un bien beau titre, en parfaite adéquation avec les Rencontres.

Il n’y a pas de festivals sans Avant-première… Là, on a le choix, c’est à cela que l’on reconnaît d’ailleurs la bonne tenue d’une manifestation. A bien compter pas moins de huit films a découvrir. "Bassidji" du cinéaste Mehran Tamadon, "La dernière saison : Shawaks" film du réalisateur turc Kazim Oz, "Police, Adjectif" filmé par Corneliu Porumboiu réalisateur roumain. "Triomf" du Zimbabwéen Michael Raeburn. Un film qui déménage, celui de Cédric Dupire et Gaspard Kuentz sur les scènes musicales de Tokyo "We don’t care about music anyway", un film Israélien "Freres" d’Igaal Niddam. "Schéhérazade" de Yousry Nasrallah et "She a Chinese" de la réalisatrice Chinoise Xiaolu Guo.

Les avant premières ne suffisent pas. Nous sommes d’accord ! Quoi de mieux que les avant premières ? Des inédits et là encore, ouvrez votre calepin et notez.

Quelques inédits donc et après vous direz que vous n’êtes pas gâtés, "La danse des Wodaabe" de la réalisatrice et ethnomusicologue Sandrine Loncke, "Vivre ici" de Mohamed Zran.

Il reste les surprises. Mais les surprises, cela ne se dévoilent, pas. Donc, n’attendez pas de moi d’ouvrir les paquets sans autorisation. Je vous laisse ce plaisir et il est grand.