Comédie de Willy Russell, adaptation et mise en scène de Michel Fagadau, avec Mathilde Seigner, Pierre Santini, décors et costumes de Florica Malureanu


Bon…Rita…le retour !!!. Fable moderne de la jeune shampouineuse qui se targue de devenir savante au contact d’un prof de fac. Le parti pris de l’auteur. Dérangeant. Pourquoi choisir une coiffeuse ? Y a t’il plus d’ignares dans les métiers manuels qu’ailleurs ? Comme si pour exister il fallait absolument passer par l’université. Je veux bien comprendre l’envie de s’instruire, d’accéder à de nouvelles connaissances…mais de là à transformer le personnage de Rita jusque dans son apparence vestimentaire, sa façon de marcher et de parler….il y a une marge et c’est grossier… le personnage reste superficiel, stéréotypé …au seuil du ridicule, tant il est encombré de clichés et de vérités toutes faites.

Mathilde Seigner opère là dans un rôle fait sur mesure. Pas de rôle de composition. L’impression qu’elle vient sur scène comme elle va au supermarché. Rien dans les tripes cette fille. Pas de vibrations qui passent le premier rang.
J’y étais justement ce soir là au premier rang et je n’avais d’yeux que pour Bernard Fresson, j’ignorais alors qu’il devait disparaître quelques semaines plus tard. Au sommet de son art dans ce vieux prof désabusé , retranché dans sa thébaïde entre bouquins et alcools forts, il est touchant, émouvant.

L’arrivée dans sa vie de cette midinette en mal de reconnaissance donne au prof un petit coup de jeune, un illusoire désir de séduction. Mais l’homme est usé et la fille pleine d’énergie mal canalisée. Ils ne peuvent que se croiser. Bernard Fresson est dans le personnage. Ne pas s’en plaindre. En dépit des apparences ce n’est pas Rita qui porte la pièce.

Pierre Santini reprend le rôle du vieux prof. Pas facile sans doute la succession. Il paraît que la tournée a bien marché en province. Mais ça veut dire quoi ’’ bien marcher en province ‘’ ? le public est quelque peu inféodé à la rentabilité financière des programmations théâtrales et des sacro-saints abonnements nominatifs et incessibles des maisons de la Culture. C’est fromage ou dessert…ou rien. Pas le choix. Il est des têtes d’affiches qui remplissent les salles, gage de qualité ? pas sûr. Ne se déplacent en province que les spectacles réservés d’avance. Dans l’industrie on appelle ça du flux tendu.

Pourquoi l’Education de Rita revient sur le planches parisiennes ? Parce qu’à ce qu’elle dit, mademoiselle Seigner connaît bien son texte…et puisque ça marche !!!!
Euhhhh, …je ne me suis pas trompée ?… suis-je toujours bien dans la chronique théâtrale ? Dont acte.