Hey ! Cowboy ! Do you like music from Tennesse ? Yeah, you like it ! Eh bah range ton chapeau de garçon vacher, parce que Royal Bangs ne te fera pas hurler le yodeling sur ton horse. C’est un peu plus compliqué que ça. Sur ce nouvel album Let It Beep, les cinq de Knoxville ont pris le parti de faire gueuler le clavier électro aussi fort que les guitares.

Découvert par Patrick Carney des Black Keys, l’univers blues-rock crotteux du maître se retrouve effectivement chez les jeunes scarabées, mais pas sous sa forme la plus pure. Si les deux premiers titres "War Bells" et "Poison Control" offrent un son lourd, avec de la grosse guitare et une batterie franchement tapée le tout volontairement sali, les interventions synthétiques viennent très rapidement "moderniser" les compositions. Chant vocodé, clavier électro habillent le classique trio guitare/basse/batterie sur le single "My Car Is Haunted". L’équilibre encore l’avantage à des vieux outils sur ce dernier, sera clairement à son désavantage sur "Brainbow", "Conquest II" ou "Gorilla King". Excès d’effets, les morceaux ayant pu s’apparenter à l’univers d’Animal Collective, se transforment finalement en bande son de Pac-Man. Le titre "Shit Xmas", quant à lui, fait dans la pop dansante efficace, sans toutefois prendre de grands risques. Quoiqu’il en soit, on ne reprochera pas à Royal Bangs de s’économiser, puisque mis à part la balade électro-pop aux chœurs lancinants de garçons romantiques "Tiny Prince Of Keytar", Let It Beep roule à fond les ballons jusqu’à la dernière note avec "1993" ou "Waking Up Weird".

Royal Banks mélange les époques et les instruments offrant ainsi un album fourre-tout, peut-être pas toujours convaincant mais pour sûr énergisant.