Réalisé par Mika Kaurismäki. Finlande. 2009. Comédie dramatique. Avec Kari Heiskanen, Pertti Sveholm et Timo Torikka.

Chaleur finlandaise

Le film de Mika Kaurismäki sort sur les écrans parisiens le 23 décembre 2009. Il a la particularité (mais en est-ce une ?) d’être finlandais. Ma curiosité est donc titillée devant une cinématographie que je connais mal.

"Un conte finlandais" est un film qui peut offrir à ceux qui l’écoute, qui le voit, le sentiment qu’on parle d’eux et de leurs passés oubliés. Que l’histoire ainsi filmée aussi simple soit-elle nous renvoie à la recherche des racines enfouies.

Il y a de cela dans le filmage. Il nous offre un voyage dans le passé, pas très lointain, mais suffisamment pour qu’aujourd’hui, certains d’entre nous ont en partie oublié le nom du passeur : John Cassavetes. Le film lui rend indirectement hommage. Non que Mika Kaurismäki se l’est joué copié/collé, à la manière de ! Non et c’en est heureux, même si cela marque une rupture. Peut-être d’ailleurs est-ce voulu ? Que le sujet proposé aux spectateurs ne pouvait pas être autrement traité. Il y a comme cela des urgences difficile à filmer autre qu’en référence avec l’Autre.

Un film plus compliqué qu’il en a l’air

Une histoire qui se veut simple pourtant, celle de trois amis qui se retrouvent la veille de Noël à Helsinki. Il y a Matti, flic de son état, Erkki photographe et Rauno comédien. Ils ont tous le même âge, 51 ans. Ils sont tous trois solitaires. En marge de Noël. En dans un pays comme la Finlande qui a vu naître le Père Noël, cette fête ne peut se passer qu’en famille. Il y a de la désolation pour les solitaires.

Ce n’est pas seulement de savoir que l’on ne fait pas partie de la fête qui ici dérange, non, c’est autre chose, comme si nos trois hommes ensellés attendaient un miracle ?

Comme dans ce genre de retrouvailles, si tous les souvenirs remontent à la surface ce n’est pas forcement pour le bien de l’assistance… Trois types, divorcés le soir de réveillon. Il y a quelque chose de moche dans ce bar Karaoké. Lieu de solitude pour les sans famille. Sans famille ? La rancœur se niche toujours quelque part et lorsqu’une femme apparaît, pas n’importe laquelle, puisque nous sommes la veille de Noël et que nos trois bonhommes terminent de croire qu’ils sont seuls au monde. D’ailleurs à les observer, drapés dans leurs solitudes, ne sont-ils pas au contraire, de ces voyageurs attendant la Nouvelle ?

Naturellement en y regardant de plus près, même ouvertement laïc, on se met à restituer la nativité, enfin un peu après…

La modernité de notre regard nous enseigne d’observer, et de lire entre les images. C’est un bel exercice de sagesse que nous propose Mika Kaurismäki. Par les temps qui courent, où le tout image règne comme seul maître d’œuvre de la vérité, il est bon que l’on nous rappelle qu’un conte de Noël, même s’il refuse de dire son nom, est a voir dans l’urgence du temps.