La Cinémathèque Française propose aux visiteurs de se pencher sur l'ancêtre du cinéma avec l'exposition "Lanterne magique et film peint - 400 ans de cinéma".
Cette exposition, conçue en co-production avec le Museo Nazionale del Cinema de Turin, puise dans les deux plus belles collections mondiales de plaques de verre pour lanterne magique peintes à la mainb .
Ainsi comporte-telle notamment le dessin original de la première plaque connue, représentant un squelette animé, réalisé en 1659 par l’astronome hollandais Christiaan Huygens qui est considéré comme l'inventeur de l'appareil optique qui prit le nom de lanterne magique.
C'est
dans la pénombre et la mise en scène théâtralisée
des jouets d'optique qui oeuvraient fortement dans l'imaginaire
et l'onirique.
La scénographie a été confiée à Massimo Quendolo, familier des rétro-éclairages et des panneaux imprimés translucides que l'on avait pu apprécier dans l'exposition "Sacha Guitry - Une vie d'artiste" dans ce même lieu.
L'exposition se déroule selon un parcours thématique, conçu conjointement par les co-commissaires Laurent Mannoni et Donata Pesenti Campagnoni, qui permet de prendre la mesure du champ d'investigation de machines oubliées.
Le voyage au pays des drôles de machines à rêves
L'exposition
raconte la révolution technique que constituèrent
les lanternes magiques aux noms de praxinoscope, zootrope, phénakistiscope,
lanterne photogénique, théâtre optique,
autant de termes désormais inusités voire inconnus
qui qualifiaient les jouets optiques permettant de donner l'illusion
du mouvement.
Des machines extraordinaires des plus rudimentaires aux plus sophistiquées, voire des formes originales comme celle d'un mandarin ou d'une tour Eiffel, des machines pour spectacle collectif aux petits théâtres de poche pour usage domestique, et alors impossible de ne pas évoquer la lanterne magique dont on coiffait la lampe de Marcel Proust enfant qui "substituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme un vitrail vacillant et momentané".
Elle permet de constater que le cinéma n'a rien inventé ou si peu comparé à la lanterne magique et à ses techniciens, les lanternistes, qui ont déjà mis au point tous les procédés technologiques et narratifs utilisés ensuite par les cinéastes et il ne faut pas oublier que le premier réalisateur, Georges Méliès, avait été lanterniste.
A
côté de l'aspect technique, il y également
un intérêt esthétique et artistique par
la présentation d'une large sélection de plaques
peintes dans un remarquable état de conservation.
Elles attestent de la virtuosité des artistes et dessinateurs et révèlent le très large répertoire iconographique de la lanterne qui devient non seulement un divertissement, en racontant des histoires, mais également un support documentaire et pédagogique et un moyen de diffusion de l'information.
De nombreux événements collatéraux consistant en des ateliers, des projections de films et des spectacles originaux de lanternes magiques pour petits et grands complètent cette incursion dans le monde fabuleux du cinéma d'avant le cinéma.
