Scott Kannberg, ex guitariste de Pavement, groupe culte de la mouvance rock-indé des années 90, sort son premier album solo sous le nom de Spiral Stairs, collectif d'anciens grateux, dont Jon Auer, guitariste des Big Star.

L'album s'ouvre sur "True Love" et là, on sent tout de suite la qualité musicale, rock à mort, tambour battant à la batterie et à la guitare. Riffs de guitares efficaces, fûts martyrisés comme il faut, voix suave très rock, dans un style qui rappelle bien The Doors période Strange Days. Incroyable "Call The Ceasefire", entêtant, entre blues, folk et et country apaisé bien revisité. La steel guitare envoûtante, les douces notes de piano, les accords de guitares subtils, tout cela invite littéralement l'auditeur à planer, voyager, impression renforcée par le timbre fragile et intense du chanteur, proche de la mélancolie d'un Peter Doherty finalement.

Après un "Cold Change" sympathique, belle mélodie pop, "Subiaco shuffle" ne laisse pas indifférent avec son mélange de banjo et guitares saturées et au bout de 4 minutes, le morceau décolle carrément avec une orientation rythm'n'blues/garage à la Stones. Et puis ces Spiral Stairs, étonnants, re-calment le jeu sur "Wharf-Hand Blues", sorte de blues planant où la guitare électrique, au son si pur, tranquille au départ, s'accélère dans un enrobage de sons tripants au synthé.

Ligne de guitare pop-rock à l'ancienne, voix encore accrocheuse entre Jagger et Mickael Stipe, petits intermèdes banjo, il faut encore souligner la fulgurance de "Maltese T", mélodie simple et intelligente, qui montre une fois de plus la force de composition de ces suédois.

"A Mighty Mighty Fall" et "Blood Money" sont de parfaites ballades country-rock à la Franck Black. Ça arrache sec sur "Stolen Pills", courte démonstration de rock-punk garage, mariage idéal entre la rage de The Stooges et l'électricité débridée des Sonic Youth, franchement excitant et jouissif.

Avec cette dizaine de morceaux, entre mélodie pop, pure rage rock ou ballade blues/country, je ne tarie pas d'éloges sur ces incroyables Spiral Stairs qui ont un vrai sens du rythme et des arrangements, en se faisant bien plaisir visiblement. Un collectif dont en toute logique – du moins je l'espère – on devrait entendre parler dans les semaines, les mois, les années à venir.