Texte de Marcel Proust, mise en scène de Patrick Mille, avec Sara Forestier.
Patrick Mille, acteur à la filmographie abondante, met en scène Sara Forestier, jeune actrice, César 2005 du meilleur espoir féminin, dans un seul en scène intitulé "Confession d'une jeune fille" élaboré à partir d'un texte éponyme de Marcel Proust.
Une première mise en scène qui porte sur un texte qui consiste en la narration autobiographique d'une jeune fille sous forme d'un flash-back ante mortem, alors qu'elle agonise après un suicide pseudo manqué, sous forme d'une confession intime destinée à sa mère. Une mère, qui l'a précédé dans la mort, à qui elle voue un attachement profond et révèle l'amour violent, quasi-maladif d'une enfant solitaire et la faute d'une jeune fille qui s'est livrée au "vice" des plaisirs charnels mollement découverts par manque de volonté, cédant aux avances sans l'ombre d'un sentiment.
Patrick Mille a choisi le registre de la distanciation, dire le texte sans affect et de le ponctuer par des ruptures de ton avec quelques intermèdes de sa composition, seules démonstrations incarnées de l'énergie viscérale de la pénitente pour, dit-il, "rapprocher Proust de la modernité". Danser sur une chanson des Rolling Stones, mimer une caricature d'un chanteur d'opéra et graffiter à la craie le spleen baudelairien sur le mur noir d'une existence placée sous le signe de la vacuité constituent pour lui les caractéristiques de la contemporanéité.
Sans entrer dans le débat sur ce qu'est la modernité, et notamment s'agissant d'un écrivain comme Proust, ni sur l'adaptation à la scène d'un texte littéraire qui ne lui est pas destiné, ce spectacle, totalement inspiré et dévoué à la personne de Sara Forestier, qu'il déclare être sa muse, ressortit moins de la démarche théâtrale qui est de servir un auteur que de la fascination pour une actrice.
Sur scène, Sara Forestier, qui, devenue brune, a perdu
son airde babydoll, dévoile un beau potentiel narcissique
d'acteur qui œuvre dans la performance.
