Spectacle burlesque écrit et interprété par Mariéme Faye et Mada Ndiaye dans une mise en scène de Philippe Laurent.

Preuve est faite que le bouche-à-oreilles est la meilleure façon d'aborder le Festival d'Avignon. Sans lui, on serait passé à côté de cette remarquable pièce : peu d'affiches dans la ville, pas de tentative de persuasion dans les rues, pas de représentation dans l'Hexagone auparavant.

"Polymachin " fait clairement partie des quelques bijoux noyés au milieu du fatras des spectacles Avignonais et qu'on n'aurait pas forcément eu l'idée d'aller voir. Les Cruellas sont un duo d'actrices sénégalaises (Marième Faye et Madia Ndiaye , qui vivent à Dakar) à la complicité évidente. Polymachin révèle ces deux comédiennes drôles, espiègles et attachantes.

Au fil de dialogues savoureux et sans tabou, le duo dresse un portrait de l'Afrique tour à tour hilarant, osé, tendre ou subversif et qui, surtout, sent le vécu. La mise en scène, sobre mais futée, sert parfaitement le propos. Le tout est remarquablement bien joué et touche juste à plusieurs reprises. Avec comme fil rouge le thème de la polygamie, Polymachin donne tout son sens à la notion de rire militant : l'humour donne ici plus de poids au message.

La pièce est lucide et sans concession, impertinente et fine. On ne s'ennuie pas une seule seconde. On ne peut que vous conseiller chaudement ce spectacle : toutes les personnes à qui nous l'avons conseillé en sont ressorties ravies.