Le Centre Pompidou suit attentivement le développement de la constellation des artistes quadragénaires français plasticiens et vidéastes qui s'interrogent sur les rapports entre la réalité et la fiction et la notion d'exposition, au rang de laquelle figurent notamment Pierre Huyghe, Dominique Gonzalez-Foerster et Philippe Parreno, pour ne citer que trois de ce corps de mousquetaires de l'art contemporain.

Ces artistes rencontrent indéniablement la faveur des historiens d'art et des curateurs et leurs noms se retrouvent à l'affiche de toutes les grandes manifestations internationales. Cette saison c'est au tour de Philippe Parreno d'investir le lieu avec une exposition monographique "8 juin 1968 - 7 septembre 2009".

Une exposition incontournable pour les connaisseurs avertis qui, prochainement, retrouveront l'artiste à Venise, Zurich, Dublin et New York, mais également pour le public néophyte avide d'actualité culturelle.

Attention, ceci n'est pas une exposition

Avec la commissaire de Christine Macel, conservatrice au Musée National d’Art Moderne, chef du service création contemporaine et prospective, Philippe Parreno convie le visiteur, dans une muséographie spectaculaire qu'il convient de ne pas dévoiler, scandée par quelques œuvres, à une expérience d’art.

En effet, il faut savoir que Philippe Parreno refuse la notion d'œuvre d'art à laquelle il préfère celle de projet ou de pratique qu’il estime convenir davantage à sa démarche qui s'articule autour d'interrogations constantes de la définition de l'art.

Cette expérience temporelle et réflexive s'inscrit entre deux dates significatives pour l'artistes, celle du 8 juin 1968, date de la mort de Robert Kennedy dont le transport par fer de la dépouille lui a inspiré le film "June 8, 1968" ici projeté, et le 7 septembre 2009, date de la clôture de la présente exposition.

Entre les deux, plusieurs oeuvres parfois dans une déclinaison nouvelle, telle la version argent disco des ballons en forme de bulles de bandes dessinées de son projet "Speech Bubbles" dont la version noire avait été retenue par Robert Storr, le directeur de la 52ème Biennale de Venise, pour l'exposition de la biennale.

Ou complétée, à l'instar des nouvelles marionettes de "Parade ?" qui épinglent les icones picturales, incitant à un ludique quizz culturel.

Phippe Parreno, donc, du sol, et oui avec "31 janvier 1977", la moquette rouge une des couleurs phare du Centre Pompidou inauguré à cette date, au plafond.